Mes Revues Littéraires

Le Sorceleur (1) : Le Dernier Vœu, Andrezj Sapkowski.

Comme tout le monde, j’ai été très tentée par la nouvelle série Netflix portant sur les aventures du Sorceleur, d’autant plus que mon copain m’a littéralement rendue sourde à force de hurler qu’il allait la regarder à tout bout de champ. Etant donnée que je comptais lire la série depuis cet été puisque j’étais à la recherche d’une bonne série de fantasy, je me suis dis, pourquoi pas en profiter avec lui : cependant, même si la série me tentait beaucoup, je sais par expérience qu’il vaut toujours mieux lire le livre avant de visualiser son adaptation – niveau imagination, en tout cas, c’est ce que je vous recommande ! Je suis donc revenue sur ma décision et je l’ai laissé regarder la série seul dans son coin – visiblement, LUI ne pouvait pas attendre…

Après un épisode, je me suis donc résolue à acheter le livre que j’ai GALERE à trouver en cause de rupture de stock ; je voulais la belle édition de Bragelonne et hors de questions pour moi d’acheter ailleurs qu’en librairie (vous commencez à connaître la chanson, non ?). Un mois de recherche pour trouver ce fichu bouquin, et je l’ai dévoré en trois jours ! Si ce n’est pas du gâchis, ça…

TITRE : LE SORCELEUR (1) – Le dernier vœu

AUTEUR : Andrezj Sapkowki

ÉDITÉ PAR : Bragelonne

NOMBRE DE PAGES : 308 pages

DATE DE PARUTION : 2003

GENRE : Fantasy

PRIX : 15,90€

RÉSUMÉ : Geralt de Riv est un homme inquiétant, un mutant devenu le parfait assassin grâce à la magie et à un long entraînement. En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs experts. Contre ces menaces, il faut un tueur à gages à la hauteur, et Geralt est plus qu’un guerrier ou un mage. C’est un sorceleur.

Au cours de ses aventures, il rencontrera une magicienne capricieuse aux charmes vénéneux, un troubadour paillard au grand cœur… et, au terme de sa quête, peut-être réalisera-t-il son dernier vœu : retrouver son humanité perdue.

A la fin de ma lecture, je dois vous avouer que j’étais très… sceptique. Pas dans le mauvais sens du terme – bien au contraire – mais très étonnée parce que cela ne ressemblait en rien à ce à que moi je m’attendais. Comme nous ne pouvons pas éternellement éviter les spoilers, j’ai eu quelques échos de la série, et effectivement, malgré certaines ressemblances, ce premier tome n’a rien à voir avec ce que la série promettait.

En un sens, j’en suis très heureuse, puisque cette lecture est une très bonne introduction à l’univers du Sorceleur qui mérite de se laisser découvrir petit à petit. Malgré un début de lecture un peu difficile, liée à cette surprise, je me suis véritablement plongée dans l’univers d’Andrezj Sapkowski et me suis énormément attachée à Geralt.

Beaucoup de points positifs après cette première lecture du Sorceleur, dont seuls les plus essentiels seront cités. Pas le temps de tergiverser durant les premières pages ; l’aventure nous attrape très vite, trop vite pour lui échapper, et nous sommes directement plongés dans l’univers du Sorceleur, cet homme à la fois craint, détesté et respecté. Mercenaire, tueur de démons, Geralt voyage à la recherche de missions, cherchant à se rendre utile en échange d’argent. S’il peut désenchanter plutôt que de tuer, il le fait ; intelligent, froid et distant, il fait son possible pour ne pas se mêler aux affaires d’autrui, simple exécuteur.

Dans ce premier tome, de l’action certes, mais surtout des explications qui permettent de dessiner les constours de l’univers de Geralt de Riv et de ses compagnons ; sa rencontre avec Jaskier, avec Yennefer, les raisons qui le pousse à agir ainsi, les doutes et les colères qui le rongent et qu’il l’habite. Ce premier tome, à défaut de nous raconter une seule et unique aventure, longue, se fragmente en plusieurs récits qui racontent surtout son personnage principal, comme un très longue fiche descriptive.

L’écriture de l’auteur, entraînante, et efficace, décrit à merveille les passages les plus intéressants et croustillants, dialogues, scène de bataille… Impossible de rester de marbre. Mais surtout, l’auteur a su se réapproprier les mythes, les légendes, et les contes populaires pour mieux les réécrire, les détourner et y insuffler une volonté autre, celle de Geralt : un homme qui se bat contre la discrimination, l’injustice. Beaucoup de thèmes qui s’y rattachent y sont abordés, dont la haine et la peur qui poussent les uns et les autres à se déchirer et à exclure à cause de la différences. Les démons qui rôdent et que Geralt pourfend sont à l’image de ceux qui ravagent l’esprit des hommes. Il y a une dimension presque philosophique à cette lecture – il suffit d’y prêter attention.

J’ai particulièrement aimé – même si cela m’a beaucoup surprise dans un premier temps – la manière dont Andrzej Sapkowski se réapproprie les contes populaires pour mieux les réécrire. Même s’il est possible de ne pas reconnaître toutes les légendes, deux contes seront impossibles à manquer pour vous, parce que très ancrés dans la culture populaire. J’ai par ailleurs cru halluciner quand je les ai lu, surprise de les retrouver dans une telle saga, mais la manière dont l’auteur les réécrit est très intéressante et nourrit la réflexion ainsi que l’aventure.

Ces fameux « moins » sont à mettre entre guillemets ; en effet, il ne s’agit pas nécessairement de remarques négatives, mais plus des surprises déstabilisantes et qui gênent le début de lecture. En réalité, ce premier tome constitue une série de sept nouvelles qui permettent de dessiner l’univers du Sorceleur en nous racontant son parcours. Entre chaque nouvelle, qui grandissent d’importance d’une à une autre, il y a plusieurs chapitres, intitulés « La Voix de la Raison », et qui constituent le fil conducteur du livre qui se solde par un cliffhanger et nous porte naturellement jusqu’au tome 2, curieux d’en découvrir plus. Il s’agit là de la remarque essentielle qui va à l’encontre d’une lecture naturelle, fluide, efficace.

Une fois « habitué » à cette forme inattendue, puisque non précisée au préalable – mais après tout, cela fait partie de la découverte -, la lecture n’en est redevenue que plus agréable, mais j’ai notamment été « coupée » la deuxième et la troisième nouvelles, déstabilisée. Le sentiment de juxtaposition d’histoires – dont un recueil de nouvelles ne peut s’affranchir – hache la lecture, surprend et submerge pendant un instant le sens de l’histoire. Par habitude, et une fois intégré que chaque nouvelle sert à enrichir le fil conducteur, à poser l’univers du Sorceleur pour mieux comprendre Geralt et pourquoi il en est à un tel point, ce sentiment disparaît aussitôt, mais il est difficile de ne pas le sentir poindre une fois tout au long de la lecture.

Le Sorceleur, (1) Le Dernier Vœu est une lecture des plus surprenantes, et qui risque de vous déstabiliser. Véritable introduction à l’univers de Geralt de Riv, qui raconte ses aventures et sa raison d’être, ce livre est plus qu’il n’y paraît et peut être abordée de différentes manières : recueil de nouvelles, juxtapositions d’histoires, aventure peu commune, fiche descriptive extrêmement détaillée de son personnage principal, ou encore aventure philosophique, dont la réécriture et l’utilisation de légendes nourrit la réflexion ainsi que la proofndeur de Geralt et de son univers. Malgré une lecture qui risque d’être entrecoupée entre les différentes nouvelles, il y a bien un fil conducteur dans ce premier tome, qui nous amène immanquablement au suivant en posant de nouvelles interrogations et sans réponses satisfaisantes aux anciennes.

A lire si vous souhaitez vous plonger dans un univers qui vous retournera l’esprit. J’ai adoré, et maintenant je dois me procurer impérativement le tome 2 !

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