Mes Services Presse

Le Chemin de Baphomet, Arnaud Niklaus.

Je vous retrouve aujourd’hui pour un nouveau service de presse ! Cela faisait un petit moment que je n’avais plus fait de retour, alors je suis heureuse de vous faire découvrir un tout nouveau projet qui sort un peu des sentiers battus. Cette nouvelle découverte m’a été de nouveau proposée par le site SimplementPro, et je dois dire qu’elle m’a laissée… perplexe, en bien comme en mal. Pour la première fois, je m’attaque à un recueil de nouvelles qui mêle fantasy et horreur, et même si j’adore les nouvelles de fantasy telles que le cycle de Barcil, je dois dire que je ne me suis jamais intéressée aux récits d’horreur – faits divers. J’en regarde beaucoup à la télévision, mais en lire… ce n’est pas la même chose.

Avant de vous en dire plus, les infos !

Note : 3 sur 5.

TITRE : Le Chemin de Baphomet

AUTEUR : Arnaud Niklaus

ÉDITÉ PAR : Echo Editions

NOMBRE DE PAGES : 107 pages

DATE DE PARUTION : 14 Avril 2020

GENRE : Nouvelles, Fantasy, Horreur

RÉSUMÉ : L’horreur peut prendre de nombreuses apparences : une soirée en discothèque, le sommet d’une montagne, une randonnée, un séjour en vacances, un festival de rock, l’arrivée d’une fée, le harcèlement scolaire, ou encore un trajet en bus.
Entre Fantastique et réalité, 8 histoires évoquants les plus profonds troubles de l’âme humaine.

Pour être tout à fait honnête, je dois dire que ce recueil me laisse une impression d’inachevé. Les thèmes abordés sont intéressants et constituent une très bonne matière pour l’élaboration des nouvelles, l’idée même du recueil est particulière mais plaisante. Cependant, je m’attendais à quelque chose d’autre, quelque chose de plus complet, ou le lien paraissait plus évident entre chaque nouvelles.

Le thème principal demeure l’horreur des mœurs, mais cette horreur n’est parfois pas suffisamment exploitée et le récit peut prendre des allures de compte-rendu plus que d’aventure. Beaucoup d’aspect positifs sont à relever, mais dans la globalité, il y a tout de même un manque d’aboutissement pour lui donner toute la résonnance que ce recueil mérite.

L’idée originale du recueil est très intéressante et nous permet de mettre en perspective, à plusieurs niveaux, l’horreur humaine, dans la réalité comme dans le fantastique – si vous n’êtes pas à l’aise avec ce genre littéraire, vous pouvez même vous dire que le fantastique doit être interprété à un autre niveau, comme cela de la folie qui représente jusqu’où les dérives pathologiques et morales peuvent nous conduire.

Dans ce recueil, l’auteur nous parle de tout ; du harcèlement scolaire, du syndrome de Stockholm, des conséquences dramatiques de disputes apparemment anodines, de la jalousie/folie amoureuse, des dérives morales, etc. A certains moment, la plume de l’auteur devient presque philosophique puisqu’elle se fait le témoin de faits divers, et de la folie des personnages, ce qui porte à la réflexion. Comment en arrive-t-on jusqu’à ces dérives, comment l’horreur s’invite-t-elle dans chacune de nos activités, de nos conversations ? L’horreur n’a pas de sexe, ni d’âge, elle choisit ses hôtes jusqu’à les amener aux pires actions.

Ce recueil, du moins les nouvelles réalistes, est une bonne piste de réflexion sur notre société actuelle qui est marquée par de plus en plus de névroses psychiques, par des âmes qui se laissent détruire à cause d’un sentiment qui les dépasse et qu’il ne savent pas s’approprier. Au delà de cela, il y a également le poids de la fatalité qui s’abat sur la victime et qui nous rappelle que l’horreur est partout, qu’elle concerne tout le monde et peut vous rattraper même si vous n’y pensez pas. Vous ne pouvez pas y échapper parce que vous ne savez jamais quand l’horreur frappera et de quelle manière. Sous la plume de l’auteur, les hommes deviennent des pantins de divinités (Hadès, Baphomet, la fée, même l’ésotérisme !) ou de sentiments pathologiques (la jalousie, la folie…) qui décident de leur sort.

Ce recueil est très intéressant et riche en matière de réflexion morale et philosophique, c’est même une représentation de l’absurdité de la vie et en cela j’ai apprécié ma lecture !

Les principales réserves concernant ce recueil de nouvelles, malgré les aspects positifs cités précédemment, résident dans la sensation d’un travail inabouti et le souci de la mise en page.

Concernant la première remarque, c’est une impression qui est revenue sur chacune des nouvelles ; le thème abordé, bien qu’intéressant, ne parait pas assez fouillé pour donner l’éclat que l’auteur cherche à construire. Il manque des sentiments, même par petites touches, pour représenter l’horreur dans toutes ses nuances (notamment dans la nouvelle « Syndrome S » qui parle du syndrome de Stockholm, il aurait été intéressant de nous donner des indices de la dérive de Harley dans cette pathologie, sans faire de grande envolées lyriques mais par une multitudes de petits indices…). Quand il ne s’agit pas de sentiments, c’est la construction de récit qui est parfois illogique ; la première nouvelle se concentre essentiellement sur l’arrivée de Pierre dans la discothèque alors que l’action première et intéressante se situe après son enlèvement ; pourtant, cette « phase » est vite écourtée, et nous laisse sur notre fin. Dans les deux cas, ce manque de sentiment ou de construction, de détails, conduit à des nouvelles intéressantes mais inabouties, inachevées, et limite frustrante. La plupart des nouvelles manquent de contextualisation.

La deuxième réserve majeure concerne le souci de la mise en page. A quelques reprises, l’auteur partage directement les pensées de ses personnages, sans passer par le subterfuge de la troisième personne, ce qui est assez chouette. Problème ? Ces pensées se sont pas bien démarquées dans le récit, il n’y a aucun changement typographique et très vite, il devient compliqué de suivre, ou alors ce changement de type de discours surprend et nous bloque. Dans un texte, la mise en page est très importante, et je pense que nous devons savoir, avant même de lire, à quoi nous attendre dans les prochaines lignes. Le fait de garder la même typographie pour deux types de discours différents, ou alors les laisser dans un même paragraphe peut très vite donner une sensation de confusion, d’incohérence. Ce qui est étonnant, parce qu’à d’autre reprises et pour les même chose, ce changement typographie est bien présent, mais il n’y est pas toujours. Est-ce qu’il s’agit d’une maladresse ?

En définitive, ce recueil, bien qu’intéressant sur certains points et très utile pour réfléchir sur l’horreur de la condition humaine et de ses mœurs demeure trop léger et superflu à différents niveaux. Les nouvelles ne paraissent pas suffisamment approfondies – sans nécessairement en faire des caisses, vu qu’il s’agit de nouvelles et non de romans ! – mais quelque chose dans l’avancement de ces dernières semble manquer. Cela s’enchaîne rapidement, trop parfois, et les émotions sont complètement zappées là où il aurait été judicieux de les faire apparaître de manière plus ou moins évidentes (notamment dans la nouvelle Syndrome S, qui traite du syndrome de Stockholm). D’autres en revanche présentent des caricatures ou des constructions pas nécessairement pertinentes pour le dénouement… Peut-être est-ce une volonté de l’auteur, mais la plupart des nouvelles se concluent sur une fin qui est cohérente mais qui semble également venir de nulle part. C’est dommage parce que l’idée de ce recueil demeure très originale et plaisante, avec une petite pointe de philosophie géniales et juste mais malheureusement pas assez exploitée.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s