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Wild Dandy Boy, Daph K. Travis.

Après de nombreuses semaines de lecture, je suis enfin venue à bout de ce SP pour lequel j’ai accumulé un petit retard, mais confinement obligé, j’ai eu les plus grandes difficultés à lire pendant cette période, un peu comme si l’ambiance me tapait tellement sur le système qu’elle annihilait toutes mes cellules grises. Depuis quelques jours, cependant, je retrouve peu à peu goût à la lecture et c’est pourquoi j’ai hâte de vous parler de cet excellent thriller proposé par les éditions Séma.

Digne héritage des grands thrillers psychologiques – je pense à Shutter Island, à Black Swan, et tant d’autres – la notion de Döppelganger prend ici tout son sens. Un conseil avant de plonger dans les informations et les détails, révisez vos cours de littérature et vos connaissances littéraires pour pleinement appréciez cette intrigue de génie. Elle n’est pas faite pour le premier lecteur venu !

Note : 4 sur 5.

La vie est un jeu dangereux où les morts côtoient les vivants. A très bientôt. En enfer, quoiqu’il arrive !

TITRE : Wild Dandy Boy

AUTEUR : Daph K. Travis

ÉDITÉ PAR : Séma Editions

NOMBRE DE PAGES : 314 pages

DATE DE PARUTION : 05 Mars 2020

GENRE : Thriller psychologique

PRIX : 18,90 € (papier) / 5,99 € (e-book)

RÉSUMÉ : Cavannah Rainbow, célèbre top model semblant tout droit issu de la Factory d’Andy Warhol, est victime d’un accident de la route qui le plonge dans un profond coma. À son réveil, son existence vole en éclats, entre les cauchemars récurrents où il se voit tuer et une traque sans pitié menée par son jumeau envieux de son succès. Tandis que les cadavres s’amoncellent autour de Cavannah, il fait la rencontre de Sharlette, une sans-abri d’à peine dix-sept ans, dont la sensualité le mènera malgré lui au crime le plus sordide…
Au cœur de cet univers de pop stars, de glam-rock et de champagne coulant à flots, où se situe la frontière entre rêve et réalité ?

Les innocents sont les coupables qu’on garde au chaud sous le coude.

Cavannah Rainbow mène un existence sous le feu des projecteurs depuis qu’il a quitté le domicile familial, vingt ans plus tôt ; modèle le plus célèbres du XXIe siècle, il est adulé par tous. Pourtant, son existence vole en éclat le jour il tombe dans un long coma suite à un accident de voiture. Lors de son réveil, neuf mois plus tard, son frère jumeau Dimitri le hante ; ce dernier veut sa vie. Mais comment distinguer le rêve de la réalité dans une existence où les apparences sont trompeuses ?

Mon coeur est une maison hantée dont tu es le fantôme. Je voudrais mourir pour te rejoindre. Mort, enfin, je vivrais !

Que vous dire ! Cette intrigue m’a littéralement coupé le souffle. Nous sommes plongés au cœur d’un univers étourdissant, où cohabitent le luxe et le sordide le plus cru, offrant un contraste dérangeant, particulièrement poignant, et parfois grotesque. L’intrigue est décousue, souvent difficile à saisir, à comprendre ? Est-ce que c’est ennuyant ? Pas du tout, jamais ; c’est ce qui donne étrangement un sens à l’histoire et qui la maintient. Beaucoup d’aspects rendent cette histoire tout simplement addictive, et il est impossible de s’en débarrasser jusqu’à ce que le mystère se lève enfin.

Dans l’océan de la nuit, les menaces sont aussi noires que les créatures se déplaçant dans les profondeurs de l’eau.

Ce roman nous met face à deux personnages aussi étranges et insaisissables l’un que l’autre. Cavannah et Dimitri sont deux jumeaux aux vies bien distinctes l’une de l’autre. Deux jumeaux albinos que tout oppose et que tout rattache pourtant. Si Cavannah a parfaitement su tirer profit de son apparence avantageuse pour se tailler une place dans le monde de la mode, Dimitri, lui, reste dans l’ombre. Alors que Cavannah brille, et est adulé des autres, Dimitri est absent aux yeux de tous. Mort ou vivant, c’est du pareil au même pour son existence insignifiante, et cette distinction conduit d’ailleurs toute la lecture. Jaloux du succès de Cavannah, Dimitri se lance dans une traque, mortelle, pour enfin naître en prenant la vie de son jumeau. Comme si, finalement, la naissance de cette copie de lui-même, dérangé, plus chanceux que lui, l’avait tué dès sa naissance, condamné. Je vous parle principalement de Dimitri, même s’il n’est pas le personnage principal de l’histoire. Pour comprendre l’intrigue, pour comprendre Cavannah, il faut saisir Dimitri, c’est essentiel, et la raison pour laquelle les événements paraissent aussi peu reliés, presque délirants.

Tout le monde est un meurtrier en puissance, même un enfant. La vérité est que vous avez peur des conséquences. Mais si vous saviez qu’en me tuant, vous ne risqueriez pas de vous retrouver derrière les barreaux, ne seriez-vous pas tenter de donner libre cours à vos pulsions les plus barbares ?

Que dire de Cavannah ? Dans le fond, il n’est pas si différent de Dimitri. Il a simplement eu plus de chance : alors que l’un subissait un lavage de cerveau administré par le paternel, l’autre s’enfuyait du domicile familial pour aller à la rencontre de sa destinée. C’est en faisant l’autostop que cette histoire glam-rock, saupoudré de célébrités et de champagne, commence. Alors que Cavannah a huit ans, il croise Hutch, terrifié par cette enfant inquiétant, pâle comme la mort, fasciné par l’univers de Dracula (un détail d’une importance capital). A partir e cet instant, Cavannah prend conscience qu’il est un être exceptionnel. Vingt ans plus tard, le jeune homme nourrit pour lui-même une admiration et un amour qui va de paire avec le dégoût et le mépris de ses silences. Ces deux personnages sont terriblement complexes, profonds, et je pourrais remplir des pages pour vous décrire toutes les facettes que ces jumeaux recouvrent : l’un est lumière alors que l’autre est l’ombre. Où est-ce l’inverse ?

Voilà le cœur de l’histoire, celle qui dénoue tous les problèmes. Dimitri et Cavannah sont deux facettes d’une même pièce. Avec ces deux personnages, Daph K. Travis livre tout son talent d’auteur pour nous faire rencontrer ces êtres quasi-mystiques.

Dimitri resterait persuadé que la fin du monde se réaliserait sur la durée, et non avec la soudaineté, privant l’humanité de toute ressource, décomposant les édifices jusqu’aux plus millénaires et réduisant à néant tout ce que l’homme avait mis en place, comme une main géante se referment lentement et inexorablement sur un oisillon prisonnier de la poigne, telles les mâchoires d’une plante carnivore. Une lenteur calculée par un dieu pervers pour permettre à sa proie d’éprouver la terreur suprême, l’impuissance absolue et la déchéance totale.

La relation de gémellité entre Dimitri et Cavannah, de prime abord simple, se complexifie au fur et à mesure de l’intrigue pour devenir totalement ambigüe, voire dérangeante. Si les deux frères possèdent un lien fort, si par certains moment il apparaît une quelconque affection entre eux, elle est aussitôt effacé par la violence de cette relation qui les bouffe tous les deux, qui les empêche de n’être qu’un, de vivre, d’être soi. Les identités se confondent, s’échangent, se jalousent, se disputent. Ce qui les lie est complètement dérangé, haletant, palpitant, Daph K. Travis nous perd dans la folie de cette relation haïe et chérie à la fois. De ce fait, cette histoire est avant tout celle de Cavannah et de son Döppelganger, ou de Dimitri et de son Döppelganger. Ils deviennent leurs propres doubles maléfiques.

Et c’est cette relation de jalousie entre les jumeaux qui repose au cœur de l’intrigue, et qui n’est jamais tout à fait clair. Très vite, l’auteur nous perd dans les méandres de l’esprit de Cavannah. A la sortie du coma, qu’est-il devenu ? Rêve-t-il à nouveau ou bien est-il réel ? Psychote-t-il ? A quel point le rêve en est-il un ? Ou se trouve la réalité, dans cette traque que Dimitri s’acharne à poursuivre pour prendre sa place ? Très souvent, le lecteur se demande s’il n’a pas à faire à un fantasme tant les mots sont dérangeants, tant Cavannah et Dimitri peuvent être malsains. Fantasme ; c’est bien le mot. Quelles sont les cicatrices qui marquent la peut de nos deux antagonistes, qui font d’eux ce qu’ils sont ?

Les personnes indifférentes renferment un pouvoir extraordinaire. Elles peuvent contempler les malheurs du monde comme on assiste à la fonte du sucre dans un café brûlant. La mort elle-même se réduit à un écran. Peut-être pour elle rien n’est-il réel, tout relève-t-il d’une illusion collective. Et prendre conscience de cette illusion revient à se moquer de tout.

Nul doute que la plume de l’auteur est aiguisée, excellente. L’intrigue relève du pur génie, complexe, incalculable, elle nous perd, sans cesse, nous coupe le souffle, et nous fait nous poser mille questions. C’est le genre de livre qui demande à être relu plusieurs fois pour en saisir le sens psychologique profond, pour être sûr de ne rien manquer. Ce n’est pas un livre pour amateur, c’est plus qu’un simple roman, c’est une histoire, un fragment de pensée, d’éternité, de malaise, de malsain, de rêves, de fantasme, de réalités.

Pour chasser la tentation de parler et le risque de gâcher notre relation silencieuse privilégiée, nous fîmes l’amour de plus en plus souvent, de nuit comme de jour, reflétés par tous les miroirs, comme filmés sous tous les angles. Pour finir, nous baptisions ainsi chaque demi-heure, jusqu’à la douleur de nos corps qui ne pouvaient pas suivre la cadence que nous leur imposions.

Que vous dire plus que ce que je ne vous ai déjà dit ? C’est une lecture qui retourne le cerveau, pas seulement pas la plume excellente de l’auteur, mais par l’étendue de son talents, par les émotions confuses et indistinctes qu’une telle lecture procure. Un roman à lire et relire, pigmenté de rock, de gothique, dont il faut totalement s’imprégner pour en saisir le sens réel. Ca m’a retourné le cœur, le cerveau. C’est le genre de roman qui peut se comparer aux grands noms de la littérature gothique, et des thrillers à suspens. Pour ne vous en citer que quelques-uns des chef d’œuvres parmi les plus connus : Faust, L’étrange cas de Docteur Jekyll and Mr. Hyde, et surtout, Le Portrait de Dorian Gray. Le roman de Daph K. Travis peut parfaitement se glisser entre ces chefs d’œuvre, il y trouverait tout à fait sa place.

Un conseil avant cette lecture ? Soyez prudents. Soyez alerte. Et si jamais, renseignez-vous. C’est aussi à cela que l’on reconnaît un livre aussi bon et excellent : il éveille la curiosité. Soyez curieux !

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