Mes Revues Littéraires

La Jeune Fille et la Nuit, Guillaume Musso.

Hello ! Un article un peu particulier aujourd’hui puisque je vous parle d’une lecture que j’ai achevée en mai dernier, il y a donc quelques mois déjà : il s’agit de La Jeune Fille et La Nuit, premier Musso pour ma part. Je dois vous avouer que jusqu’à présent je n’avais pas trouvé l’occasion de vous en parler et maintenant que la lecture est bien, bien retombée – plus de deux mois – je vais pouvoir en faire un petit compte-rendu à tête reposée. Ce fut une lecture agréable, mais je dois être honnête ; je suis moins enthousiaste sur celle-ci avec un peu plus de recul que lorsque je l’ai fini, et remarque certaine choses que je n’avais pas forcément vu au premier abord.

Mais avant de vous en dire plus, quelques infos !

Note : 3 sur 5.

Le plus souvent, le destin est un salopard pervers et vicieux qui prend son pied en broyant la vie des plus faibles alors que tant de connards mènent une existence longue et heureuse.

Thomas Degalais.

TITRE : La jeune Fille et la Nuit.

AUTEUR : Guillaume Musso

ÉDITÉ PAR : Calmann-Lévy.

NOMBRE DE PAGES : 440 pages

DATE DE PARUTION : 24 Avril 2018

GENRE : Thriller, Littérature Contemporaine

PRIX : 21,90 € (grand format)

RÉSUMÉ : Un campus prestigieux figé sous la neige 
Trois amis liés par un secret tragique. Une jeune fille emportée par la nuit

Côte d’Azur – Hiver 1992. Une nuit glaciale, alors que le campus de son lycée est paralysé  par une tempête de neige, Vinca Rockwell, 19 ans, l’une des  plus  brillantes élèves de classes prépas, s’enfuit avec son professeur  de philo avec qui elle entretenait une relation secrète. Pour la jeune fille, « l’amour est tout ou il n’est rien ».Personne ne la reverra jamais.
Côte d’Azur – Printemps 2017. Autrefois inséparables, Fanny, Thomas et Maxime – les meilleurs  amis de Vinca – ne se sont plus parlé depuis la fin de leurs études.  Ils se retrouvent lors d’une réunion d’anciens élèves. Vingt-cinq  ans plus tôt, dans des circonstances terribles, ils ont tous les trois commis un meurtre et emmuré le cadavre dans le gymnase du lycée. Celui que l’on doit entièrement détruire aujourd’hui pour  construire un autre bâtiment.
Dès lors, plus rien ne s’oppose à ce qu’éclate la vérité.

Dérangeante 
Douloureuse 
Démoniaque… 

La Jeune fille et la Nuit est avant tout une quête ; une quête de soi, du passé pour aller vers l’avenir. Thomas Degalais, amoureux de Vinca Rockwell depuis toujours, qu’il a connu en prépa littéraire au lycée de Saint-Exupéry, souffre de l’absence de cette dernière, bien qu’elle ne lui ait jamais donné le moindre signe d’amour réciproque. En proie à une jalousie incontrôlable, et une rage folle après une confidence de Vinca, Thomas va trouver le petit-ami de cette dernière, Alexis, professeur de philosophie, et s’en prend à lui. Cette altercation débouche sur un meurtre sordide, avec la complicité de Maxime, le meilleur ami de Thomas. Ce dernier ne se remettra jamais vraiment d’une telle violence, d’autant plus que Vinca disparaît les jours suivant et ne donne plus jamais de nouvelles.

Malheureux sans elle et l’occasion du cinquantième anniversaire de Saint-Exupéry, plus de vingt-cinq ans après les faits, Thomas repense à cette nuit, terrible, dans laquelle il a laissé une partie de son âme ; obsédée par Vinca, qui le hante depuis toujours, il décide, avec la complicité d’anciens collègues du lycée, de résoudre le mystère de la disparition de la Jeune Fille, sans savoir que la Nuit menace de s’abattre sur lui et de laisser exploser des vérités encore plus terribles.

Suspense, intrigue envoûtante plein de rebondissement, personnages relativement travaillé et un style addictifs sont les nombreuses qualités à imputer au roman de Musso qui nous tient définitivement en haleine. Oui, mais… Musso tombe parfois dans l’exagération qui frise le ridicule. Retournements parfois abracadabrantesques, un style fluide, entraînant mais répétitif, certaines faiblesses apparaissent néanmoins et font parfois apparaître ce bon thriller comme une mauvaise comédie dramatique écrite à la va-vite pour la télévision..

Nul doute que la Jeune fille et la Nuit est un roman plein de suspens, et donc très addictif. Jusqu’à la révélation finale, les événements s’enchaînent et se contredisent, coïncident et se défont soudainement, tant et si bien qu’aucune cohérence claire n’apparaît dans l’immédiat. Des événements isolés s’agrègent autour de l’intrigue principales pour mieux la dérouter, et perdre le lecteur. les trois quarts du temps, impossible de deviner avec certitudes – malgré quelques intuitions – où Musso veut nous emmener, vers cette terrible réalité, et derrières tous les actes que la mort du professeur de philosophie et la disparition de Vinca cachent. Lorsque la vérité éclate, c’est une réelle surprise. Dès que nous pensons nous approcher de la vérité, Musso sait nous mettre en déroute et jouer avec nos intuitions et nos pensées pour mieux les surprendre. Et l’on s’aperçoit, trop tard, seulement après la révélation ultime que l’auteur avait parsemé son récit d’indices.

Un moment, je m’étais fait croire que les livres pouvaient me guérir de ce sentiment d’abandon et d’apathie, mais il ne faut pas trop demander aux livres. Ils vous racontent des histoires, vous font vivre par procuration des bribes d’existence, mais ils ne vous prendront jamais dans leurs bras pour vous consoler lorsque vous avez peur.

Ce qui contribue à la découverte plaisante de l’intrigue et au suspense qui s’en dégage, ce sont les liens qui relient tous les personnages entre eux, suffisamment travaillés pour qu’ils laissent chacun une réelle impression, où un souvenir ; en tout cas, tous ont leur importance et Musso ne s’est pas emparé de détails superflus, ou inutiles, pour enjoliver son récit. Les personnages sont assez détaillés pour s’attacher, ou du moins se sentir lié à eux durant notre lecture, même si le lien reste très superficiel et diffus. Mais on l’impression de les comprendre – même s’il est assez rageant de voir les coupables s’en sortir en toute impunité, à certain niveau.

Il me fallut prendre les lunettes en main pour admettre que ce n’était pas une hallucination. Lorsque je les soulevai, je remarquai qu’on avait annoté la coupure de journal. Un simple mot tracé d’une écriture ronde et appliquée: Vengeance.

D’autant plus, le style de Musso est fluide, et ce lit très facilement tout en nous permettant d’en apprendre plus sur le principal protagoniste, Thomas, sa famille, les paysages qui l’entoure. Bien qu’elle puisse manquer d’empathie et d’émotions à certains moment, l’écriture de Musso reste néanmoins très agréable et abordable. En tout cas, sa manière d’écrire à un style bien particulier et unique pour Musso, ce qui permet de vite s’identifier à sa manière d’écrire. Il nous amène sans problème d’événements en événements, et ponctue le récit d’anecdotes sur son personnage qui n’arrive pas à vivre dans le présent mais évolue éternellement dans le passé et dans ce souvenir d’un amour déçu, obsédé par la fascination qui se dégageait de Vinca. En découvrant la vérité sur Vinca, et sur lui-même, Musso donne à son héros une porte de sortie pour aller de l’avant et définir qui il est réellement.

Je me retire sur la pointe des pieds, la tête pleine de questions. J’ai déjà vu quantité de cons essayer de se faire passer pour les futés, mais c’est la première fois que je vois un homme intelligent vouloir passer pour un con.

Oui mais… Voilà, il y a un mais, un mais qui empêche à ce thriller de déployer un plus grande qualité littéraire, et de le mener à un autre niveau, un peu moins terre-à-terre, et qui parfois même peut le faire passer pour un scénario tiré par les cheveux tout juste bon pour la télévision. Les deux principaux reproches que nous pourrions adresser au roman de Musso seraient, justement, ses retournements de situations parfois abracadabrantesques, sortis de nulle part, et son style un peu trop répétitif à la longue.

Gardez votre exigence. Gardez ce qui fait de vous un garçon différent des autres. Et protégez-vous des cons. Dans la lignée des stoïciens, n’oubliez pas que la meilleure manière de vous défendre d’eux, c’est d’éviter de leur ressembler. Et, même si mon destin semble témoigner du contraire, je reste persuadé que nos faiblesses sont nos plus grandes forces.

Concernant les rebondissements un peu trop tirés par les cheveux, elles se portent surtout sur les révélations cernant la famille de Thomas, qui arrivent comme un cheveux sur la soupe, sans que cela n’apporte quoi que ce soit à l’intrigue – ou, en tout, cas, d’assez loin. Cela semble plutôt être un moyen de remplir le récit, et certes, de travailler les personnages, mais la manière dont cet aspect de l’intrigue apparaît est peu convaincante, et surtout, peu cohérente. Pourquoi tant de sentiment refoulés dans une société où l’éparpillement des familles est dorénavant accepté ? Cela semble plus être un ajout d’histoire, une juxtaposition à l’intrigue principale qu’un tournant décisif.

Mais avec le temps leur couple semblait mieux assorti. C’était l’effet normalisateur de la vieillesse: elle fanait les beautés trop éclatantes et donnait parfois de la patine et du lustre à des physiques plus banals.

Enfin, sil le style de Musso est très entraînant, il est également très répétitif, et on le remarque bien au schéma qu’il suit toujours, sans discontinuer dans le récit : description d’un fait actuel qui mène à raconter iun événement passé, un détail, utile ou inutile, tant et si bien qu’il n’y a plus de surprise dans la manière de lire, et que l’on s’attend invariablement à ce déroulement, qui se produit toujours. Il manque de la fantaisie et du naturel dans ce récit, qui à force de se répéter devient plus un exercice d’écriture, une exposition de faits ; on voit qu’il y a un rythme d’écriture, ce qui gomme inévitablement l’illusion d’un travail naturel.

Même si la Jeune fille et la Nuit reste un thriller plein de suspens, passionnant et addictif, de par ses personnages – surtout le charme qui se dégage de Vinca Rockwell – et de la manière, fluide de le raconter de Musso, il a tout de même des faiblesse qui empêche à son œuvre d’être totalement convaincante. Ainsi, si le style de Musso est fluide, ce n’est qu’au prix d’un schéma répétitif qui ne varie pas d’un iota, et dont l’auteur de semble pas pouvoir se détacher, faute de quoi il est incapable de raconter l’histoire. Le suspens qui se dégage de l’intrigue grâce à des rebondissement parfois exagérés et venus de nulle, part, compense tout de même le manque de fantaisie et de surprises de la plume de Musso, très terre-à-terre. L’idée de l’histoire l’emporte, bien entendu, mais je m’attendais mieux de la part d’un auteur édité par Calmann-Lévy, maison d’édition que j’estime beaucoup.

L’histoire est intéressante, entraînante, mais ne décolle pas, principalement parce que Musso ne sait pas la faire décoller et lui faire prendre une plus grande envergure littéraire. Dommage !

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