Mes Revues Littéraires

Une Vie, Simone Veil.

Aujourd’hui je vous parle d’une lecture qui me tient tout particulièrement à cœur, et que je suis très impatiente de partager avec vous. Il s’agit de l’autobiographie d’une des femmes que j’admire le plus au monde, j’ai nommé Simone Veil.

Lorsque cette grande dame nous a quitté en 2017, il y a peine plus de trois ans, je me suis dis qu’il était fondamental que j’en apprenne plus sur celle qui a mené une vie extraordinaire et des combats d’une importance capitale, de plus en plus décriés à l’heure d’aujourd’hui, d’ailleurs, par qu’il me paraissait nécessaire de le connaître, non seulement en tant que femme, mais aussi en tant que citoyenne d’un pays pour lequel elle a consacré sa vie. Malheureusement, je n’ai jamais réellement eu le temps ni l’occasion de me plonger dans cette autobiographie qui me faisait envie depuis longtemps.

Aujourd’hui, c’est chose faite ; il ne m’a pas fallu plus d’une journée pour dévorer son histoire, poignante et forte. Si je lui vouais déjà une grande admiration, elle est dorénavant sans borne tant je suis stupéfaite de la modernité de ses propos, de ses pensées qui s’inscrivent pleinement dans la période politique et sociale de maintenant.

Note : 5 sur 5.

Chaque jour, Maman se tient près de moi, et je sais que ce que j’ai pu accomplir dans ma vie l’a été grâce à elle.

Simone Veil.

TITRE : Une Vie

AUTEUR : Simone Veil

ÉDITÉ PAR : Stock

NOMBRE DE PAGES : 416 pages

DATE DE PARUTION : 31 Octobre 2007.

GENRE : Autobiographie

PRIX : 22,90€ (grand format), 7,90€ (poche).

RÉSUMÉ : C’est un événement. Simone Veil accepte enfin de se raconter à la première personne.
De son enfance niçoise dans une famille juive complètement assimilée, et de sa déportation à Auschwitz avec sa mère et l’une de ses sœurs en mars 1944, jusqu’à ses fonctions les plus récentes, elle a su s’imposer comme une figure singulière et particulièrement forte dans le paysage politique français. Femme libre s’il en est, elle a exercé le pouvoir sans jamais le désirer pour lui-même mais pour améliorer, autant qu’elle l’a pu, les conditions de vie de ses concitoyens : à l’administration pénitentiaire, puis au ministère de la Santé dans le gouvernement Chirac sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing – c’est là qu’elle fait voter, contre son camp, la loi sur l’IVG ; à la présidence du Parlement européen, où elle se montre capable de tenir tête au Premier Ministre français, Raymond Barre ; comme ministre des Affaires Sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement dirigé par Balladur et présidé par François Mitterrand ; au Conseil constitutionnel ainsi qu’à la Fondation pour la mémoire de la Shoah.
Fidèle à ce qu’elle estime être la fonction des rescapés des camps de la mort, elle a témoigné, chaque fois qu’elle l’a pu, en France comme partout, de son expérience d’Auschwitz.
Mais cette femme de mémoire n’est jamais nostalgique, jamais passéiste, elle n’a souci que du monde de demain, celui qu’elle lèguera à ses petits-enfants et à ses arrière-petits enfants dont la place est grande dans sa vie.
Elle a beaucoup voyagé, rencontré la plupart des « grands » de ce monde, vécu de près les événements majeurs du XXe siècle. Elle en parle sans forcer sa voix, mais on l’entend.

Cette mémoire des Justes est un trésor dont la sauvegarde est d’autant plus précieuse que le monde où nous vivons me semble menacé, non seulement par le désordre climatique, mais par le retour des intégrismes, après un demi-siècle où l’on avait pu se bercer du sentiment que la tolérance et l’œcuménisme étaient en progrès.

Le titre de son autobiographie porte si justement son nom : la première réaction qui survient , après avoir tourné ces quatre cent pages contenant l’histoire de Simone Veil, est sans aucun doute celle-ci : « Quelle vie ! ». Celle de Simone Veil commence en 1927, pendant l’entre deux-guerre, et se poursuit jusqu’à l’élection de Nicolas Sarkozy, en mai 2007. Près de quatre-vingt ans d’histoire sont recueillis entre ses lignes.

Lorsque je repense à ces années heureuses de l’avant-guerre, j’éprouve une profonde nostalgie. Ce bonheur est difficile à restituer en mots, parce qu’il était fait d’ambiances calmes, de petits riens, de confidences entre nous, d’éclats de rire partagés, de moments à tout jamais perdus.

Très tôt, Simone Veil, après nous avoir dépeint son enfance heureuse précédent le début de la guerre qui détruira une partie de sa famille, nous raconte l’enfer des camps de concentration et d’extermination, entre conditions de travail terrible et des vies d’esclavages et de soumissions, qu’elle connaît à l’âge de seize ans seulement. C’est une inconnue qui la sauve immédiatement après son arrivée à Auschwitz-Birkenau en lui intimant de mentir et de prétendre avoir dix-huit ans. Très vite, l’horreur de la guerre survient dans sa vie et la marque à jamais sous la forme du 78 651 ; c’est cet événement qui définira, par la suite, tous ses combats politiques, dont la solidification de l’amitié franco-allemande pour que l’horreur de la Shoah ne réapparaisse jamais plus.

Après la Libération, Simone Veil, qui a perdu ses parents et un frère, doit se reconstruire. Elle se lance alors dans une carrière de magistrate, qui la conduit, peu à peu, aux plus hautes sphères du gouvernement. Elle mène beaucoup de combats de front, s’engage dans la lutte pour de meilleures conditions carcérales, lance la première campagne anti-tabac de l’époque, tente de fédérer une Euripe en construction et reconstruction, permet aux femmes de s’émanciper avec la loi en faveur de l’IVG de 1974.

Les procès et les règlements de comptes sont sans doute inévitables dans toute sortie de dictature, mais il convient de toujours privilégier les vecteurs de réconciliation. Un peuple qu’on n’encourage pas à retrouver son unité, et un jour son harmonie, se condamne à un destin dramatique, et il ne peut revenir à la justice internationale de régler de tels problèmes.

Autobiographie très politico-technique mais infiniment riche pour en apprendre un peu plus sur l’histoire de notre pays ; Simone Veil pose un regard très moderne sur les erreurs et les réussites en matière de politique et de progrès social, n’hésitant pas à dénoncer, avec une courtoisie bien à elle, les opportunistes, la course au succès électoral, les dérives d’internet, les dérives médiatiques et journalistique. Tout le monde en prend pour son grade, mais cette grande dame ne tient jamais de propos sans de bonnes raisons. Toute sa vie, elle continuera de subir les conséquences de la Shoah et les réactions racistes et antisémites des uns des autres. Fidèle à ses croyances et à ses combats, elle est le témoignage d’une politique qui existait pour l’intérêt du peuple et dénonce sans gêne les petits politiciens d’aujourd’hui, centré sur leurs intérêts financiers.

Ses idées résolument modernes, avec trente voire quarante ans d’avance sur notre époque, sont un des aspects de la vie de Simone Veil qui est sans aucune doute le plus frappant. Alors qu’elle doit faire face à un monde d’hommes avec des idées arrêtées, elle est une femmes de caractère une forcenée du travail déterminée à faire entendre ses idées et à favoriser l’égalité pour tous, portée par ses idées humanistes, son désir d’autonomie et sa profonde envie de vivre.

Venus de tous les continents, croyants et non-croyants, nous appartenons tous à la même planète, à la communauté des hommes. Nous devons être vigilants, et la défendre non seulement contre les forces de la nature qui la menacent, mais encore davantage contre la folie des hommes.

Si l’écriture n’est pas toujours simple à lire, si les combats peuvent parfois s’éterniser sur des pages, si le style est trop technique pour être facilement compris, c’est également ce qui rend cette lecture aussi passionnante et marquante. Bien des difficultés sont apparues dans la vie de Simone Veil, bien des obstacles, mais son désir de rendre la société meilleure qu’elle ne l’était transcende tout. C’est un témoignage de plusieurs décennies, de plusieurs époques, qui nous rappelle que la vie gouvernementale n’est pas facile, mais qu’elle se doit d’être au service du peuple.

Nous, les derniers survivants, nous avons le droit, et même le devoir, de vous mettre en garde et de vous demander que le « plus jamais ça » de nos camarades devienne réalité.

De la douleur éprouvée par la Shoah à sa carrière politique brillante mais terriblement complexe à appréhender, la vie de Simone Veil est un récit magnifique et un exemple à appliquer. Elle évoque ses combats et ses pensées sans détour, sans s’excuser ni se cacher, profondément libre et authentique jusqu’à la moelle dans ses convictions comme dans ses reproches.

Une très belle lecture, édifiante, à lire une fois dans sa vie pour mieux connaitre cette femme admirable qui a joué un rôle si importante dans la construction de notre pays et de l’Europe, et pour laquelle il est difficile de ne pas lui vouer une grande admiration. La mienne est dorénavant sans limite, et je suis infiniment reconnaissante de tous les combats qu’elle a menés de front dans notre intérêt.

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