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49 jours, je compterais pour toi, C.S. Quill.

Pour cette première critique de 2021, plongeons-nous dans l’ambiance glacée et brumeuse de la Bretagne, et plus précisément de Camaret, là où l’intrigue du roman de C.S. Quill, « 49 Jours, je compterais pour toi » prend lieu. Nous y rencontrons Breen Peterson et Sawyer Hall, deux jeunes adultes dont les manières de vivre sont drastiquement opposées. Alors que Sawyer, photographe renommé, à l’habitude de voyager de ville en ville sans jamais chercher à s’installer nulle part, Breen, elle, ne sort plus de Camaret depuis les cinq dernières années.

Une jolie histoire d’amour pour commencer, l’année donc, tendre pour réchauffer nos cœurs pendant cette période hivernale… enfin, pas si sûre !

Note : 2.5 sur 5.

Will I Survive

TITRE : 49 jours, je compterais pour toi

AUTEUR : C.S. Quill

ÉDITÉ PAR : Hugo Roman

NOMBRE DE PAGES : 394 pages (broché) / 490 (poche)

DATE DE PARUTION : 28 Mars 2019

GENRE : New Romance

PRIX : 17,00€ (broché) / 7,60€ (poche) / 7,99€ (e-book)

RÉSUMÉ : Quand l’amour se vit en 49 jours…

1… 2… 3…
Chaque matin, depuis qu’elle a rencontré Sawyer Hall, Breen inscrit un nouveau chiffre dans sa main. Le compte à rebours est lancé, comme la fuite inéluctable du temps qu’elle voudrait pourtant maîtriser.
15… 16… 17…
Breen souhaiterait pouvoir retenir les jours qui filent pour profiter des sentiments qui refont enfin surface. Mais son cœur ne cesse jamais de compter.
47… 48… 49…
Alors qu’elle ne sait pas aimer plus de 49 jours, Sawyer sera-t-il celui qui libérera son cœur ?

« 49 jours, je compterais pour toi » n’est pas la première romance de l’auteure, qui a déjà publié les séries à succès Prude à Frange et Burning Games avant de s’attaquer à ce premier one-shot. Elle nous raconte l’histoire de Breen, une jeune adulte perturbée par la perte d’un être aimé cinq ans auparavant, et qui n’est, depuis, plus capable d’aimer au-delà des 49 jours fatidiques. Sa rencontre avec le photographe Sawyer Hall la bouleverse et lui redonne l’espoir de guérir, de vivre une nouvelle fois.

L’histoire, bien que touchante et tendre, regorge malgré tout de quelques incohérences et de défauts qui empêchent d’en apprécier véritablement la lecture et d’en laisser une trace indélébile comme les tatouages sur les peaux de Breen et de Sawyer.

Mais commençons par le positif parce qu’en dépit d’un certain nombre de défauts, tout n’est pas à jeter dans cette romance, loin de là. Même si le résumé laisse présager d’un instant cocooning qui ne se concrétise finalement pas, beaucoup d’éléments permettent de classer cette histoire légèrement au-dessus de la moyenne.

Reste en mouvement, Breen.

La plume poétique de C.S. Quill en est un parfait exemple. Légère, humoristique, bouleversante, l’auteure manie très bien les mots et nous offre un florilège de petites expressions bien tournées et très mignonnes. Les sentiments de Breen sont très bien exploitées sous les mots de l’auteure, et à chaque jour dévoile une nouvelle formulation qui nous fait fondre le cœur et qui nous brise un peu plus. Si le style manque parfois – souvent – de profondeur, la poésie des mots et leur résonnance rattrapent ce défaut et nous permet de mieux cerner Breen, et de s’y attacher. Elle permet ainsi de rendre l’intrigue de départ très plaisante et de nous offrir des scènes touchantes et bouleversantes.

Dès qu’il est entré dans ma vie sans me demander mon avis, un lien puissant s’est matérialisé entre son âme et la mienne. Il a pris un morceau de moi, que j’ai bien voulu lui offrir sans rien attendre en retour. Et cette part de moi qui vit en lui persiste à résonner à l’intérieure de mon être. Comme si ces deux parties d’un tout continuaient à communiquer entre elles dans un langage vibratoire.

C’est cette jolie plume qui porte donc les alternances de points de vue entre Sawyer et Breen. Et une alternance très réussie ! Le point de vue de Sawyer permet de relâcher la pression ressentie au trop plein d’émotions de Breen – de la compassion à l’agacement – et se plonger dans son esprit. Parce que tout comme Breen, Sawyer veut fuir son passé. Parce que Sawyer est une façade et a peur de révéler tout ce qu’il ressent à cette inconnue qu’il ne connaît que depuis quelques jours. La différence est plaisante à lire entre le Sawyer que Breen devine et celui qu’il est réellement. En revanche, l’alternance est moins efficace dans le cas contraire, parce que Breen ne maintient pas sa façade, et que Sawyer devine immédiatement qu’elle lui cache quelque chose. La très grande partie du roman se concentre donc sur le désir de Sawyer de percer Breen à jour, et celui de Breen de se cacher encore plus.

Il n’est pas question de chair, même quand elle se laisse glisser sur moi. Il n’est pas question de sexe, même quand son souffle s’emballe et se désordonne. Il n’est question de rien. D’un rien qui me remplit de tout.

L’aspect psychologique qui se dégage ainsi de la plume et de cette première alternance est d’autant plus renfoncée par une deuxième, propre à Breen. Cette deuxième alternance nous offre la possibilité de découvrir, à chaque jour que notre héroïne inscrit dans la paume de sa main, la journée qui correspond à ce premier décompte, cinq ans plus tôt, avant la catastrophe. C’est d’ailleurs dans le passé de Breen qu’il est le plus évident de nous attacher à l’héroïne et que la poésie de l’auteure trouve toute sa résonnance. C’est aux côtés de Will que Breen trouve sa radiance, et que nous prenons plaisir à la lire. C’est également dans les souvenirs de Breen, qu’elle n’oublie jamais, que se trouvent des indices au sujet de la bombe qui nous tombe inévitablement dessus. Grâce à cette deuxième alternance, le suspens sur le drame évoqué par Breen tout au long de l’intrigue reste entier, et c’est ce qui nous donne envie de continuer la lecture, pour, comme Sawyer, percer cette mystérieuse Breen à jour.

L’Amour compte les jours, comme les battements d’un toujours.

Vous l’aurez compris, ce sont les personnages de Sawyer et de Will qui donnent en réalité tout le charme à l’histoire. En ce qui concerne Will, ce sont davantage les souvenirs de Breen et les sentiments qu’il provoque en elle qui nous touchent réellement plus que le personnage en lui-même, et cela se ressent dans la manière d’écrire de l’auteure, beaucoup plus prenante et un peu moins superficielle. Pour Sawyer, il s’agit surtout de son désir, contrôlé puis totalement débridé, de sauver Breen d’elle-même et de s’offrir une place dans son cœur. Au-delà du désir de s’en faire aimer, Sawyer veut surtout rendre heureuse Breen, comme le prouve ses nombreuses attentions, ses paroles, et ses actes. Il se donne totalement à elle, dans toute ses dimensions, et c’est un personnage réellement touchant par cet aspect.

Je dois laisser mon cœur retrouver le bonheur sans le brusquer. Je ne sais même pas comment il tient encore accroché dans ma poitrine, alors si je le presse, il risque de tomber à mes pieds. Et là, je n’aurai plus la force de le ramasser.

Cependant, tous ces aspects positifs qui permettent d’apprécier le roman sont nivelés vers le bas par de nombreux points négatifs qui empêchent de classer ce roman comme un coup de cœur, sans aller jusqu’à la déception totale. 49 jours, je compterai pour toi, par ces nombreux défauts, reste somme toute une lecture qui se lit, mais qui ne tient pas réellement ses promesses. En voici les raisons suivantes – selon moi.

Jour 15. Celui qui lutte contre le courant pour maintenir ce cœur en place.

Tout d’abord, si l’intrigue de départ – le décompte de ces 49 jours depuis le début de la rencontre entre Breen et Sawyer – est original et gourmand au premier regard, il perd très vite de son charme en raison de la langueur de l’histoire. Plus que de la langueur, même, elle tourne très vite en rond en reposant essentiellement sur les lamentations et la détresse de Breen plutôt que sur l’histoire d’amour entre elle et Sawyer. Histoire d’amour, qui, par ailleurs, semble souvent aller dans un seul. Sawyer donne beaucoup à Breen, et se soucie d’elle tandis que notre héroïne, avec ses réactions parfois démesurées et exagérées, se centre beaucoup trop sur elle-même. Si ces réactions sont compréhensibles dans un premier temps, et une fois de que la vérité est dévoilée, l’attitude de Breen gâche complètement l’histoire d’amour.

Je le veux sur chacun de mes murs, parce qu’il est imprimé sur chacune de mes cellules.

Il s’agit bien plus d’un roman psychologie – certes, superficielle – qu’une véritable romance. Ce désenchantement se retrouve par ailleurs dans ce manque de profondeur. En dépit de la plume poétique de l’auteure, les sentiments Breen restent au final très superficiels, et manquent de complexité. L’auteure essaie d’y remédier justement par les réactions exagérées de cette héroïne, au final très agaçante, ainsi que par leur redondance, plutôt que de complexifier véritablement notre héroïne et sa situation, plutôt que de l’approfondir réellement.

Je ne sais pas qui de nous deux est la bouée et qui est le naufragé. Probablement sommes-nous un peu des deux.

A force de compensations par des crises de Breen, qui demeure très secrète – non seulement pour Sawyer mais aussi pour le lecteur – l’intrigue finit par très vite tourner en rond avec des scènes expéditives entre Breen et Sawyer, qui pourraient être plus touchantes et profondes mais restent tout juste effleurées du bout du doigt. La situation de l’histoire en elle-même ne permet d’ailleurs pas d’exploiter pour de bon de le véritable problème de Breen, et au final, ce sont tout juste les derniers vingt pourcent de l’histoire qui donnent de l’intérêt au roman. Il manque de détails, de profondeur, et Breen devient plus agaçante au final qu’émouvante.

Comment un vide peut-il peser si lourd ?

A cause donc de cette omniprésente des crises de Breen en guise de tentative d’approfondissement, l’auteure passe complètement à côté de son propre héros masculin. Sawyer possède une histoire potentiellement intéressante, mais qui, au final, est elle aussi peu évoquée. Sawyer donne beaucoup mais ne semble vivre qu’à travers Breen et les sentiments qu’il éprouve pour elle, ce qui est par ailleurs rarement le cas dans la romance. Et pour ma part, c’est justement cela qui m’a empêché de l’aimer et de m’y attacher comme je le fais la plupart du temps aux héros masculins des romances. Sawyer ne paraît exister que pour réparer Breen, et il est difficile de ne pas ressentir un certain déséquilibre dans leur relation, entre ce Sawyer qui aime et qui donne et cette Breen froide et distance qui ne semble pas éprouver un réel amour pour lui. L’auteure aurait sans doute pu remplacé les trop nombreuses lamentations de Breen par une incursion un peu plus profonde dans l’esprit de Sawyer, dans sa vie, et son passé. Plus généralement, les personnages ne paraissent pas suffisamment creusés pour susciter un réel attachement envers eux.

J’ai tendance à aimer vite. Trop. Est-ce que j’aime comme il faut ? La seule façon de le savoir est de laisser les jours faire leur œuvre, encore. Ce sont eux qui mènent la barque.

Pour cette dernière partie, attention, SPOILER : une partie de l’intrigue est révélée, c’est donc à vos risques et périls que vous lisez celle-ci.
Il y a au final une grande incohérence qui apparaît clairement à la fin du roman, mais qui existe déjà de manière diffuse avant que la vérité sur la relation entre Will et Breen ne soit révélée. Breen cherche tout au long de l’intrigue à remplacer un amour par un autre, et pas n’importe quel amour ; un amour complètement indifférent. Au-delà du traumatisme que lui cause la disparition de Will, qui est entièrement concevable et compréhensible, il est en revanche d’imaginer, même de la part d’une adulte, une naïveté suffisante pour croire qu’un amour peut en remplacer un autre. Pourtant, c’est bien le cœur du problème et le but du décompte de Breen. Une fois la vérité découverte, cette réalité devient d’autant plus dérangeante et achève complètement de gâcher l’histoire entre Sawyer et Breen, et même le roman tout entier.

Il y a des choses qui demeurent brisées, irréparables.

L’histoire et le traumatisme de Breen aurait mérité, très sincèrement, un autre traitement, mais dans tout les cas, l’intrigue tient difficilement debout une fois que l’on comprend la véritable identité de Will. Le suspens est au rendez-vous, la bombe bien retentissante, mais la situation n’est absolument pas optimale pour une histoire d’amour, au final parfois forcée et grossière.

49 jours, je compterais pour toi n’a pas su tenir les jolies promesses que la plume de l’auteur laissait entrevoir. Si tout n’est pas à jeter et que les personnages comme Sawyer et Will compensent celui, exagéré de Breen, les belles surprises, le suspens et les jolies formulations ne suffisent pas à combler un certain manque de profondeur. L’intrigue est plaisante mais reste somme tout superficielle à force de tourner en rond et de s’appesantir sur les réactions de Breen. Il y a une volonté de profondeur qui ne paye pas et joue sur la redondance de la détresse de Breen. L’histoire manque ainsi d’aboutissement, et au bout des quatre cents pages de lecture, j’ai eu la sensation d’être passée à côté de l’essentiel de l’histoire. Ce sont surtout les cinquante dernières pages qui en valent le coup.

Sawyer est en train de souffler sur mon cœur et ravive une braise étouffée. Je n’ai plus qu’à attendre que la flamme apparaisse.

N’hésitez pas à me contacter sur mes réseaux en cas de besoin, ni à visiter mes comptes sur les plateformes d’écriture Wattpad et Fyctia pour découvrir mes histoires (de la romance et de la fantasy) et leurs mises à jour régulières !

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