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Avant que le monde ne se ferme, Alain Mascaro.

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Vous ne le savez sans doute pas, mais la littérature historique est l’une de mes préférées ; que cela soit des témoignages, des récits autobiographiques ou des fictions inventées de toutes pièces… je suis adepte de tous les genres.

Parmi les grandes périodes historiques, c’est souvent la littérature de guerre, particulièrement autour de la SGM, qui m’attire… parce que je ne peux pas m’expliquer comment la barbarie a pu frapper à ce point, ni comment il est possible d’oublier l’histoires des rescapés, ou encore comment ces derniers sont parvenus à vivre avec cette période noire… 

Aujourd’hui, je vous parle d’un roman magnifique et émouvant, Avant que le monde ne se ferme, sorti il y a quelques mois à peine. Si la période sombre de la SGM couvre une grande partie du roman, j’ai aimé que cette incroyable fiction autour du peuple tzigane ne tourne pas uniquement autour de cela.

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Note : 4 sur 5.

Oui mon garçon, voilà bien tout le drame des hommes : ils sont exactement comme les moutons. On leur fait croire à l’existence de loups et ceux qui sont censés les protéger sont en fait ceux qui les tondent et les tuent.

TITRE : Avant que le monde ne se ferme

AUTEUR : Alain Mascaro

ÉDITÉ PAR : Autrement

NOMBRE DE PAGES : 256 pages

DATE DE PARUTION : 18/08/2021

GENRE : Littérature contemporaine

PRIX : 17,90 € (broché) / 12,99 € (e-book)

RÉSUMÉ : Anton Torvath est tzigane et dresseur de chevaux. Né au cœur de la steppe kirghize peu après la Première Guerre mondiale, il grandit au sein d’un cirque, entouré d’un clan bigarré de jongleurs, de trapézistes et de dompteurs. Ce  » fils du vent  » va traverser la première moitié du  » siècle des génocides « , devenant à la fois témoin de la folie des hommes et mémoire d’un peuple sans mémoire. Accompagné de Jag, l’homme au violon, de Simon, le médecin philosophe, ou de la mystérieuse Yadia, ex-officier de l’Armée rouge, Anton va voyager dans une Europe où le bruit des bottes écrase tout. Sauf le souffle du vent. A la fois épopée et récit intime, Avant que le monde ne se ferme est un premier roman à l’écriture ample et poétique. Alain Mascaro s’empare du folklore et de la sagesse tziganes comme pour mieux mettre à nu la barbarie du monde.

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Il faut profaner le malheur. Le malheur ne mérite pas qu’on le respecte.

Avant que le monde ne se ferme est un roman poignant qui aborde un très grand nombre de thèmes, porté par un héros presque légendaire, héritier du peuple tzigane, Anton Torvath. C’est lui que nous suivons tout au long de récit, depuis sa naissance, jusqu’à l’âge adulte. Sa vie, passionnante, et bouleversante, saura vous transporter et vous faire voyager, rêver de liberté et d’amour alors que la barbarie des hommes et leur tendance à soumettre la nature ne cesse d’augmenter.

Si les Fils du vent parcourent la peau du monde, ce n’est pas pour le simple plaisir d’aller d’un endroit à un autre ou pour simplement connaître l’errance ; c’est une façon de dire que leur pays n’est pas ici ou là, pour la simple raison qu’il n’est nulle part, en tout cas pas enclos entre des frontières ! Nous ne sommes que de passage, comprends-tu ?

Le roman suit l’histoire d’Anton Torvath, Fils du Vent, héritier du peuple tziganes, à travers trois grandes parties ; l’avant, le pendant et l’après-guerre. Parce que, si la montée de l’extrémisme nazie, et des horreurs subies par les hommes occupent une grande part de l’histoire, Avant que le monde ne se ferme est avant tout une histoire sur un seul homme, et sur le peuple Tzigane. Dans la première partie du roman, Alain Mascaro nous présente ainsi le clan Torvath, circassiens qui sillonnent la steppe en toute liberté. C’est dans cette tribu bigarrée qu’Anton voit le jour, grandit, devient dresseur de cheveux, et que la légende qui l’entoure s’épanouit

Anton est en effet un fils du vent : un grand destin lui est promis, il est béni des dieux. Lorsque l’Histoire les rattrape, et que le clan Torvath éprouve la haine nazie, le peuple tzigane s’en trouve décimé, leur liberté arrachée. Seul Anton, doté d’une chance inouïe malgré le drame, survit. L’écriture d’Alain Mascaro fait de son héros un personnage de légende, presque mystique, que rien, pas même la mort et la haine des hommes, ne peut arrêter ; il devient par la force des choses, mémoire d’un peuple décimé. Avec acharnement, il commence sa reconstruction en cherchant à perpétuer la mémoire des siens et de son peuple.

C’était une nomade elle aussi, et en tant que telle elle connaissait la valeur des choses : en fait, les choses n’en avaient pas, de valeur; c’étaient les êtres qui comptaient, et eux seuls.

Avant que le monde ne se ferme est aussi un roman de voyages et de rencontres, de grands espaces et de libertés. Alors que la vie d’Anton bascule et se régénère, celui-ci rencontre tout au long de sa vie des personnes humaines, qui le marquent, le changent, le bousculent. Tout comme Anton, chacune de ces rencontres ; Jag, Simon, Yadia, est écrite et racontée à la manière d’un mythe, avec pour résultat une véritable fusion entre leurs âmes et celle d’Anton, au cœur de la barbarie humaine. Ces rencontres, profondément humaines et authentiques, bouleversent le monde de notre héros.

Tu crois qu’il faut une raison au voyage ? Le voyage porte en lui sa propre raison, mon ami ! On va à un endroit sans savoir pourquoi et ce n’est que lorsqu’on y est que l’on comprend pourquoi on est venu !

Éloge à la liberté et à la communion avec la nature, Avant que le monde ne se ferme nous fait voyager, traverser les pays, dans un monde où les routes ne sont pas encore pavées, où les frontières n’existent pas, où la nature n’est pas encore tout à fait soumise aux Hommes et où la liberté n’est pas encore tout à fait entravée. Pour couronner le tout, l’écriture, poétique et sage d’Alain Mascaro accompagne des descriptions émouvantes et magnifiques, et vibrantes.

Ne laissez pas le souvenir du malheur vous dévorer ,sans quoi vous ne serez bientôt plus qu’une enveloppe vide .

Seul petit bémol à cette histoire incroyable, du fait de sa densité et de son sujet, certains passages sont difficiles à lire. Si le roman est prenant, superbe, il n’est cependant pas évident à lire ! Prévoyez du temps pour le savourer, parce que cette lecture est conséquente.

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Tout commença dans la steppe, dans le cercle des regards qui crépitaient avec le feu de camp. La voix du violon de Jag planait par-dessus l’hiver immobile qui parfois arrêtait le cœur des hommes.

Histoire poignante sur la disparition du peuple tzigane, à l’écriture à la fois poétique, bouleversante et pittoresque, Avant que le monde ne se ferme vous fera voyager et vibrer : Alain Mascaro y parle, presque avec philosophie et à travers son héros à l’aura mystique Anton Torvath, fils du vent, d’espoir, de renaissance, de résilience, de mémoire, de liberté. 

Le sujet est difficile, mais tellement captivant : à ne pas manquer !

Allez-vous craquer pour cette lecture pleine de sagesse ?

3 réflexions au sujet de “Avant que le monde ne se ferme, Alain Mascaro.”

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