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Le Prince Cruel, Holly Black

ALERTE COUP DE COEUR.

Aujourd’hui, je vous parle d’une lecture que j’ai vu apparaître un nombre incalculable de fois sur mon feed instagram, avec des critiques hyper élogieuses ; j’ai nommé… :roulementdetambour:… Le Prince Cruel !

Je le vois passer sur mon actualité depuis que j’ai commencé Bookstagram ou presque, et jusqu’à présent je n’avais pas vraiment envie de découvrir cette saga. Quand tout le monde parle de quelque chose, j’ai tendance à l’ignorer pour la simple raison que je me dis que c’est surcoté. Mais j’ai fini par changer d’avis pour le Prince Cruel, tout cet engouement m’a rendue trop curieuse, et j’ai craqué.

Et franchement, j’ai trop bien fait !!!

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Note : 4.5 sur 5.

Si je ne peux pas être meilleure qu’eux, alors je serai pire.

Jude

TITRE : Le Prince Cruel

AUTEUR : Holly Black

EDITE PAR : Rageot

NOMBRE DE PAGES : 544 pages

DATE DE PARUTION : 22/04/2020

GENRE : Fantasy

PRIX : 18,90€ (broché) / 7,49€ (numérique)

RESUME : Jude a 17 ans et vit à la Haute Cour de Domelfe dans le royaume de Terrafæ. Enlevée au monde des mortels lorsqu’elle n’était qu’une enfant et élevée avec ses sœurs parmi les puissants, elle a appris à se protéger des sortilèges et à se battre à l’épée. Pourtant, elle subit jour après jour les moqueries et les insultes. Car elle n’est qu’une humaine, vouée à la mort, dans un monde où règnent les Fæs, créatures sublimes, immortelles… et cruelles. 
Personne ne la hait plus que le Prince Cardan. Le plus jeune des héritiers de la couronne semble décidé à lui nuire. Jusqu’à la tuer ? Mais Jude, elle, est prête à tout pour gagner sa place à la cour et reprendre le pouvoir sur sa vie. 

Vous l’avez vu, je suis clairement sur un COUP DE COEUR.

Ce n’est pas le plus gros coup de cœur que j’ai eu cette année (Le Chant d’Achille, Leur Sang Coule Dans Tes Veines), mais c’est un coup de cœur quand même. J’ai adoré l’univers, les personnages, l’intrigue. J’ai dévoré ce roman !

Parce que tu es comme une histoire qui n’a pas encore été écrite. Parce que j’ai envie de savoir ce que tu feras ensuite. Je veux faire partie de la suite du conte.

Locke

Première chose que j’ai adoré : l’univers. Il n’est pas juste bien construit et dense, Holly Black le rend véritablement vivant. Je m’y suis immergée très facilement. Pour commencer, il y a avait de vraies descriptions, éléments de plus en plus rare à mon goût dans les romans – ce qui me désole un peu parce que j’adore ça. Je me suis vraiment projetée dans les décors, dans le monde, et c’est ça que j’attends d’un univers de fantasy, de vraiment m’imaginer, moi, dans cet univers-là.

Au-delà de tout ça, je trouve qu’il y a une vraie ambiance qui se dégage du roman, un vrai souffle romanesque, bien plus que la simple magie des Fae. Comme annoncé dès le résumé, il y a quelque chose de très dur, de sombre, de cruel qui caractérise l’histoire. Jude, humaine parmi des fae qui la méprise, contrainte d’apprendre à aimer Madoc, l’assassin de ses parents, évolue dans un monde qui ne lui veut que du mal. Pour survivre, elle doit devenir comme eux ; pire qu’eux. Tous les enjeux et les valeurs morales sont vraiment remises à zéro dans ce roman.

Les Faes sont peut-être de belles créatures, mais cette beauté est comme la carcasse d’un cerf doré, infestée d’asticots, prête à éclater.

Je l’ai déjà amorcée en vous parlant de Jude un peu plus haut, mais en plus de l’univers, j’ai également adoré la construction des personnages.

Jude, personnage principal, est une (anti)-héroïne comme je les adore. Est-ce que nous pouvons vraiment la caractériser comme une héroïne à part entière ? Fascinée par la magie, maltraitée et humiliée par tout le monde à Terrafae, surtout par le Prince Cardan, la jeune femme veut prouver qu’elle mérite sa place à sa Haute Cour de Domelfe. Elle veut exister, elle veut de la reconnaissance, et ce désir et cette ambition est si forte que Jude est prête à absolument tout pour parvenir à ses objectifs. Quitte à se perdre elle-même, se pervertir, mentir, trahir. J’ai adoré ce côté-là chez ce personnage, prête à tout endurer, tout accepter, même à devenir pire que ceux qui lui font du mal, uniquement pour se tailler une place dans la société. J’ai senti qu’elle était constamment tiraillée par tous ses choix. Enfin une héroïne forte, déterminée, qui ne se laisse pas faire, qui sait ce qu’elle veut et comment l’obtenir. C’est assez rare à mon sens pour être souligné ; j’ai aimé le fait que la rage et la haine soient son moteur, qu’elle soit capable de museler sa peur pour s’en remettre à son intelligence. 

Venons-en maintenant à Cardan. Énigmatique et mystérieux, Cardan, cruel comme le titre du roman l’annonce. Dès le début, la haine intense que voue Cardan à Jude est palpable du bout des doigts. Comme un digne prince de Terrafae, il est arrogant, use de son pouvoir et de son influence pour agir à sa guise, boire à outrance, blesser autrui. Pourtant, difficile de ne pas s’attacher ou du moins s’interroger à son sujet. Dès le début, j’ai senti qu’il y avait autre chose derrière tout cela, quelque chose de plus à creuser, et l’intrigue m’a donné raison. J’ai adoré la manière dont Cardan est écrit ; ce n’est pas un héros, lui non plus, et ça se sent dès le début. Plus en retrait que Jude, avec qui il a pourtant des connivences beaucoup plus profondes, il se cache derrière cette attitude irascible qui est la sienne.

Voilà ce qu’ils ne comprennent pas : oui, ils me font peur, mais la peur, c’est ce que je connais depuis toujours, depuis le jour où je suis arrivée ici. J’ai été élevée par l’homme qui a assassiné mes parents, sur une terre peuplée de monstres. Je vis avec cette peur, elle a pris racine en moi, et je m’efforce de l’ignorer.

Tous les deux étant personnages centraux du roman, Jude et Cardan sont forcément au contact l’un de l’autre, presque au quotidien. Leur relation de haine et de méfiance, cependant forcée par les événements, est écrite avec précision et une grande intelligence. C’est une relation toxique, ni Jude ni Cardan ne se font confiance, ils se détestent tous les deux. Pourtant, sans forcé, Holly Black trouve le moyen de lier les personnages l’un à l’autre et de créer une vraie alchimie. Même si dans l’ensemble, il y a peu de passages où Jude et Cardan apparaissent ensemble et toujours dans le rejet de l’autre, l’auteur parvient à approfondir le lien entre eux, et j’ai trouvé que c’était vraiment bien réalisé, que cela se prêtait vraiment à l’ambiance du roman.

Dans la globalité, j’ai aimé le côté sombre des personnages, tiraillé par leurs désirs, leurs ambitions, le pouvoir. La complexité de chacun d’eux en fait la profondeur.

Ce qui est bizarre avec l’ambition, c’est qu’on peut l’attraper comme une fièvre, mais qu’il n’est pas facile de s’en débarrasser.

Enfin, parlons de l’intrigue ! Le cœur de celle-ci, soyons honnête, reste assez simple, et peu original en l’état. Ce qui motive les personnages et donc propulse l’intrigue, c’est la quête du pouvoir, l’ambition. Pourtant, l’intrigue gagne en singularité, d’une part grâce à l’univers et les personnages du roman, mais aussi par tous les rebondissements et la densité de l’histoire. Il y a énormément d’éléments, et j’ai particulièrement aimé le fait que, sans jamais nous perdre, nous ne savons jamais comment cela va se terminer. Chaque fois que je devinais quelque chose, il y avait une nouvelle surprise, tout en gardant beaucoup de cohérence.

Pourtant, je n’ai pas mis un 5/5 malgré mon coup de cœur, parce que si l’intrigue est dense et bien écrite, elle avance malgré tout plutôt lentement. Honnêtement, c’est la seule raison qui me pousse à ne pas mettre la note maximale. 

Personne n’a besoin de savoir que mes espoirs ont été réduits à néant. Personne n’a besoin de savoir que j’avais des espoirs.

Je pense que vous l’avez compris mais j’ai vraiment adoré ce premier opus. Je ne pensais pas autant l’aimer, et au final je l’ai dévoré, alors que je me suis vraiment lancée à reculons dans ma lecture. Aussitôt fini, je me suis procurée le Roi Maléfique, parce que je devais savoir ce qui se passait ensuite ! Les sagas à me faire cet effet-là, qui m’enthousiasme autant, sans assez rares.

Tu n’es rien ! L’espèce humaine prétend être résiliente. La vie des mortels n’est qu’un long simulacre ! Si vous n’étiez pas capables de vous mentir à vous-mêmes, vous vous trancheriez la gorge pour abréger votre misère.

Valerian

Le Prince Cruel nous entraîne dans un univers sombre, fait de complots, de jalousie et d’ambition. Jude, victime d’humiliation et de la haine du Prince Cardan, désire à tout prix prouver sa valeur et enfin être acceptée à Terrafae, où son statut d’humaine lui attire le mépris de tous. Pour gagner sa place dans ce monde cruel, Jude est prête à tout, quitte à repousser les limites de ses valeurs morales et à se pervertir ; autant devenir pire que tous ceux qui la blessent… Les parts d’ombres et de lumière de chacun des personnages sont magnifiquement exploitées, au service d’une intrigue qui devient originale grâce à sa densité, ses rebondissements et son univers fouillé. La plume d’Holly Black créé des personnages profonds, et plus complexes qu’il n’y paraît, aiguise la haine de Jude et de Cardan l’un envers l’autre pour faire naître une véritable tension dramatique, un vrai souffle romanesque. Du début à la fin, j’ai été transportée dans le roman, je me suis vue dans l’univers. Je n’ai qu’une hâte ; découvrir la suite !

Je vous retrouve très vite pour vous parler du Roi Maléfique !

3 réflexions au sujet de “Le Prince Cruel, Holly Black”

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