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La Passe-Miroir (2) : Les Disparus du Clairedelune, Christelle Dabos.

Je vous parle aujourd’hui du tome de 2 de la Passe-Miroir, Les Disparus du Clairedelune, et oh mon dieu, il faut qu’on en parle très vite !!! Ce livre est une véritable COUP DE COEUR pour moi, je ne peux pas attendre de vous raconter mon expérience de lecture, parce qu’elle était tout simplement fantastique !

Pourquoi tout le monde s’enfermait-il à double tour dans ses secrets ? N’aurait-il pas été tellement plus simple de se faire enfin confiance les uns envers les autres ?

Ce deuxième tome m’a procuré les mêmes sensations que le premier, et plus encore. J’ai retrouvé Ophélie, Thorn, Berenilde, Renard, Roseline et les autres avec choix, je les ai de nouveau quitter à regrets avant de me plonger dans le tome 3. Tellement, mais tellement d’émotions qui ont confirmé mes sentiments et mes premières impressions après la lecture des Fiancés de l’Hiver (1) ; ce livre m’a carrément empêché de trouver le sommeil dans je l’ai dévoré. L’histoire n’arrêtait pas de me remplir d’une joie inexplicable, je ne pouvais plus le lâcher. Chaque chapitre était une petite pépite.

Note : 5 sur 5.

Scelle tes charmes

TITRE : Les Disparus du Clairedelune

AUTEUR : Christelle Dabos

ÉDITÉ PAR : Gallimard Jeunesse

NOMBRE DE PAGES : 560 pages

DATE DE PARUTION : 29 Octobre 2015

GENRE : Fantasy

PRIX : 18,00€ (Broché)/ 9,40€ (Poche)/ 8,99€ (Kindle)

RÉSUMÉ : Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Sont-elles liées aux secrets qui entourent l’esprit de famille Farouk et son Livre ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au cœur d’une redoutable vérité.

Que dire, par où commencer pour décrire une telle merveille ? Cette saga me remplit de joie, pour tellement de raisons différentes. L’univers est magique, mystérieux, les personnages sont terriblement attachants et bien écrits, l’intrigue est originale, solide, délicieuse ! La plume de Christelle Dabos est une pure merveille, et son histoire contient un pointe de philosophie (je vous assure) qui est juste géniale et addictive. Ce sont les quatre points forts de cette saga, ce qui la rend si incroyable et merveilleuse.

Vous le sentez à quel point je suis enthousiaste ?

Si Ophélie avait retenu une chose dans la vie, c’était que les erreurs étaient indispensables pour se construire.

Tout d’abord, parlons un peu de l’univers des livres. Mais comment ne pas être admirative de Christelle Dabos pour son talent et pour tout ce monde magique qu’elle parvient à construire ? Ce deuxième nous en apprend encore plus que le premier, déjà bien fourni, sur les différents Clans du Pôle, comment celui-ci fonctionne et à quelle point les apparences sont trompeuses sur cette arche dangereuse et magnifique. L’univers vous dépaysera totalement, et réussira la prouesse de vous transporter ailleurs, plus loin que vous ne l’auriez imaginé. Ce monde mystérieux et merveilleux nous prend aux tropes, littéralement. Une des plus belles réussites de ce tome 2 est qu’il renforce le mystère autour des arches et des esprit de famille, dont Farouk, tout en nous en dévoilant un peu plus, mais pas assez. Toute l’intrigue tourne autour de cet incroyable esprit de famille à la mémoire si défaillante, à l’esprit si complexe et intrigant. Quelle est l’origine des Arches et des esprits de Famille ? Il s’agit ici d’une des questions les plus centrales de ce roman, pour mieux comprendre comment s’organise ce petit bijou d’univers, captivant.

Nous vivons dans un monde vraiment énigmatique, dit-elle en protégeant ses lunettes de la main. Je lis toutes sortes d’objets depuis des années et j’ai l’impression de ne rien connaître. Une Terre éclatée en morceaux. Des esprits de famille oublieux. Des Livres indéchiffrables. Vous.

OPHELIE A THORN

Parlons-en de l’intrigue, justement. Quelle originalité ! Alors le tome 1, Les Fiancés de l’Hiver, nous laisse sur une fin douce-amère, révoltante, le deuxième tome prend le relais en nous emmenant encore plus loin que les enjeux initialement dégagés ; à de nouvelles réponses s’ajoutent d’autres interrogations, plus épaisses, plus complexes encore. Nous allons de surprises en surprises, d’émotions en émotions, de soulagement en peur indicible. Impossible de s’arrêter de lire ce livre, pour la simple et bonne raison qu’il n’y a pas un seul moment de creux, où le lecteur n’est pas tenu en haleine, où il n’éprouve pas de la terreur, de l’anxiété, de la joie, de la curiosité, pour nos deux héros, Ophélie et Thorn. Ce deuxième tome est de ce fait bien plus fourni en retournements de situations et en actions que le premier volet, qui se concentrait plus sur les bases de cet univers magique. L’attente est payante ; c’est une véritable explosion qui vous attend dans ce deuxième tome !

Je pense que les boîtes font un cadeau idéal, s’entend-il répondre après un silence. S’il y avait quelque chose à l’intérieur, quelles seraient les chances pour que ça corresponde à ce que tu espérais y trouver ? Tu serais forcément déçue. Je t’offre le contenant, tu y mets toi-même le contenu que tu veux.

ODIN

Venons maintenant à cette pointe de philosophie sous-jacente à l’intrigue, et qui lui donne toute sa force et sa beauté. Le monde dans lequel évoluent Thorn et Ophélie est un univers dangereux, remplis de questions complexes sur son origine, avant la Déchirure : qui est Dieu ? qu’est-ce que le pouvoir ? Les thèmes tels que le fanatismes, la corruption, l’honnêteté, sont abordé d’une manière tellement fine, tellement psychologique qu’il est difficile de prendre la pleine mesure de toute ces interrogations. Pourtant, elles sont là, elles constituent le cœur du roman. Comment Ophélie peut-elle survivre dans un monde aussi dangereuse que celui-ci, où les vices les plus profonds menacent de la rattraper à chaque fois ? Qu’est-ce que Dieu ? Qui est Dieu ? Les Bribes, insérées tout au long du roman, entre plusieurs chapitres, apportent des réponses et des analyses très intéressantes, qui n’en ont pourtant pas l’air. Il faut être attentif pour dégager le sens de ce roman : plus qu’une histoire captivante, intriguant, magnifique, c’est aussi un livre pleins de questions morales. Et cet aspect-là est terriblement génial.

Chaque homme devrait avoir le droit de jouer sa vie aux dés. Ils génèrent des résultats aléatoires qui dépassent toutes les prédéterminations. Cela n’a plus aucun sens si les dés sont pipés.

L’ignorance est moins dangereuse que la connaissance.

Enfin, les personnages. Que serait ce roman sans ses personnages profonds, complexes, attachants ? Ce deuxième tome n’a fait que confirmer et renforcer les impressions du premier tome.

Je ne crois ni en la chance ni au destin, déclara-t-il. Je ne me fie qu’à la science des probabilités. J’ai étudié les statistiques mathématiques, les analyses combinatoires, la fonction de masse, les variables aléatoires et elles ne m’ont jamais réservé de surprises. Vous ne semblez pas bien mesurer l’effet déstabilisant que peut produire quelqu’un comme vous sur quelqu’un comme moi.

THORN A OPHELIE

J’ai un énorme coup de cœur pour Thorn, cet homme discret, mystérieux, que l’on ne comprend jamais bien et qui pourtant est un héros qui s’ignore, à l’instar d’Ophélie. Une partie des mystères qui l’entourent sont dévoilés, et nous donne envie de connaître encore plus ce personnage touchant. Les sentiments qu’il éprouve pour Ophélie, contre-nature par rapport à sa personnalité froide, détachée, sont tellement évidents et en deviennent une véritable torture, délicieuse. Thorn est un héros qui ne se dévoile que par petites touches, contraires à tout ce que son attitude reflète et ce que les autres pensent de lui. Et les dialogues… je le soupçonne d’être un romantique sans le savoir.

Vous m’avez voulu honnête avec vous. Vous apprendrez donc que vous n’êtes pas pour moi qu’une paire de mains. Et je me contrefiche que les gens me trouvent douteux, du moment que je ne le suis pas à vos yeux.

THORN A OPHELIE

Fascinée, Ophélie considéra longuement Thorn dans la lumière crépusculaire de la lampe. Jamais elle ne s’était sentie aussi petite et jamais il ne lui avait pas paru aussi grand : qu’elle se tînt debout et lui plié en trois sur sa chaise n’y changeait rien. Cet homme était un parfait misanthrope, mais il pensait tout en plus vaste, en plus profond que les autres, bien au-delà de ses intérêts personnels.

Ophélie est elle aussi une héroïne atypique, qui ne sait même pas en être une. Dans ce deuxième tome, la jeune fille s’affirme, son caractère devient de plus en plus prononcé, ses sens sont en alerte, elle ose, prend des risques ; elle se révèle être aux antipodes de celle que tout le monde imagine, celle que tout le monde sous-estime. Thorn lui-même le reconnaît. Sa maladresse maladive lui joue des tours de plus en plus dangereux, mais rien que son abnégation ne sait vaincre. Ce n’est une femme qui parle haut et fort, qui hurle à tout bout de champ ; comme Thorn, son silence en dit plus que ses mots. Elle réfléchit, analyse. Reste calme. Sur beaucoup de point, Ophélie est loin de l’héroïne telle que nous l’imaginons, et même parfois diamétralement opposé. Pourtant, c’est ce contraste entre ce qu’elle est et ce que les autres attendent d’elle qui en font un personnage terriblement fort et attachant.

La première fois que je vous ai vue, je me suis fait une piètre opinion de vous. Je vous croyais sans jugeote et sans caractère, incapable de tenir jusqu’au mariage. Ça restera à jamais la plus grosse erreur de ma vie.

THORN A OPHELIE

Quand toutes les têtes se tournèrent vers Ophélie dans un silence accablant, seulement perturbé par le cacardement des oies, elle prit une profonde inspiration. Le moment était enfin venu pour elle d’entrer dans la partie.

Elle y trouverait sa place, envers et contre Thorn.

Ophélie se méfiait des faux-semblants, mais elle se méfiait encore plus des individus qui s’en servaient pour manipuler les autres.

Ce tome deux est également marqué par l’évolution de la relation d’Ophélie et Thorn. Comment vous expliquer toutes les émotions qu’une telle relation fait naître, une relation où les non-dits ont toutes leur place ? Le talent de Christelle Dabos réside dans le fait de tout dévoiler en peu de mots, de faire deviner, de suggérer sans rien dire. Ce qui lie Ophélie à Thorn et Thorn a Ophélie, c’est bien plus qu’un contrat de mariage, qu’une promesse de fiançailles entre l’un et l’autre. Ce n’est pas tout à fait de la confiance, ni de la méfiance. C’est une constante, un besoin. Ce n’est pas non plus une évidence : c’est juste inévitable.

– Vous voulez régler tous les problèmes par vous-même, poursuivit-elle d’une voix épaisse, quitte à utiliser les gens comme des pièces d’échiquier, quitte à vous faire détester du monde entier.
– Et vous, vous me détestez encore ?
– Je crois que non. Plus maintenant.
– Tant mieux, grommela Thorn entre ses dents. Parce que je ne me suis jamais donné autant de mal pour ne pas être détesté de quelqu’un.

THORN ET OPHELIE

Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’être ennemis, trancha Thorn. Vous me compliquez la vie avec votre rancœur, nous devons impérativement nous réconcilier. Je n’ai pas le droit de pénétrer dans le gynécée : retrouvez-moi à l’intendance, insultez-moi, giflez-moi, cassez-moi une assiette sur la tête si ça vous chante, et puis n’en parlons plus. Votre jour sera le mien. Ce jeudi m’arrangerait. Disons… (Il y eut, dans le cornet acoustique, un bruit de pages tournées à la hâte.) Entre onze heures trente et midi. Je vous note sur mon emploi du temps ?
Suffoquée, Ophélie raccrocha le combiné avec autant de colère que si elle l’avait abattu sur le crâne de Thorn.

Thorn avait refermé ses bras sur elle avec une force qui lui coupa le souffle. Elle ouvrit grand les yeux sur cette obscurité qui produisait des battements précipités. Elle ne comprenait pas Thorn aurait dû l’accabler de reproches, la secouer furieusement. Pourquoi la serrait-il contre lui?
– Quand je vous ai dit que vous aviez une prédisposition surnaturelle aux catastrophes, ce n’était pas une invitation à me donner raison.

En dehors de nos deux héros, Ophélie et Thorn, les autres personnages sont tout aussi attachants. Dans ce deuxième tome, le caractère de Berenilde est adouci, par exemple, et nous découvrons une personne plus fragile qu’elle ne laisse paraître, plus forte aussi, plus maternelle, plus douce ; c’est presque impossible de ne pas s’attendrir face à l’attachement qu’elle éprouve pour Thorn, son neveu, et pour Ophélie, qu’elle a pourtant malmené lors du premier volet de la saga. La tante Roseline est elle aussi une personnalité très atypique, fonceuse, rigide, et très drôle, qui apporte un peu de légèreté au récit, une légèreté bienvenue dans tous les complots qui se montent. La relation entre elle et Berenilde s’intensifie également et est très touchante. Les deux tantes veillent l’une sur l’autre, elles qui ne s’appréciaient guère au début. Le Pôle change nos deux femmes d’Anima.

Je vous préviens, dit Berenilde en la considérant posément par-dessus sa gazette, si vous brisez ce qui tient lieu de cœur à mon neveu, je vous découpe en lamelles.

BERENILDE

Tu sautes des repas, tu découches toute une nuit, tu te fais agresser et tu t’étonnes après de tourner de l’œil ? C’est une armée entière de marraines qu’il te faut, gamine.

TANTE ROSELINE

Enfin, nous retrouvons dans ce deuxième tome Renard, Gaelle, et Archibald, pour notre plus grande joie. Les relations de ces trois personnages avec Ophélie sont plus importantes qu’elles n’y paraissent, et sans l’aide de ces fidèles alliés, Ophélie se retrouverait dans des situations désespérés, encore plus qu’elles ne le sont déjà. J’adore Renard, qui me fait mourir de rire avec ses répliques bien à lui, son attitude familière et son ton bourru. J’aime le mystère autour de Gaelle, son côté un peu « badass », son caractère franc et limite agressif. Enfin, je suis conquise par le côté séducteur d’Archibald, sa vulnérabilité, son attitude dévergondé et droite en même temps et le fait qu’il soit un si fidèle allié pour Ophélie.

Vous voulez toujours de mes opinions et de mes conseils, mademoiselle ? Voici mon opinion : vous avez urgemment besoin d’être conseillée. Et voici mon conseil : écoutez toujours mon opinion.

RENARD

Je te l’ai déjà dit une fois, chuchota-t-elle. Pourquoi appelle-t-on Hildegarde « la Mère » ? Parce qu’elle n’abandonne jamais ses enfants.

GAELLE

Le fait est que, la nuit dernière, j’ai organisé un bal travesti… D’ailleurs, maintenant que j’y pense, je vous avais invité et vous n’êtes pas venu.

ARCHIBALD

Ce tome 2 a été pour moi un véritable coup de cœur, une révélation incroyable. Je n’ai qu’une hâte, lire les deux derniers tomes, et en même temps, j’ai peur de conclure cette magnifique saga, parce que je sais déjà que cela me brisera le cœur. Mais il est plus qu’évident que je relierais encore et encore cette saga une fois terminée… Je vous avais dit précédemment que l’histoire me faisait ressentir les mêmes émotions que Harry Potter, la première fois que je l’ai lu. Je confirme, encore et encore. Ce sont des émotions que je n’ai plus ressenti depuis que j’ai neuf ans, et c’est ce qui m’a fait tombé irrémédiablement amoureuse de la littérature et de la fantasy en règle générale.

Christelle Dabos est ma nouvelle J.K. Rowling : j’admire son talent, les émotions qu’elle met au service de sa plume, son univers incroyablement construit, sincère, profond, pour une histoire détonante. Je suis fan, tellement fan !

3 réflexions au sujet de “La Passe-Miroir (2) : Les Disparus du Clairedelune, Christelle Dabos.”

  1. J’ai refermé ce second tome il y a quelques jours et je partage complètement ton avis enthousiaste ! Il fut pour moi aussi un véritable coup de coeur et j’ai eu beaucoup de peine à le refermer, d’autant plus que je n’ai pas le troisième tome sous la main… Un livre qui regorge d’imagination et qui nous tient en haleine de la première à la dernière page ! Bonne continuation dans la découverte de cette saga très prometteuse !

    Aimé par 1 personne

    1. Oh oui, quelle imagination ! Je l’avais dit dans ma critique du premier tome mais je ressens les mêmes émotions que seule la saga HP a déclenché en moi (pourtant je suis grande lectrice !).
      Je comprends ta frustration…. Quand j’ai fini le tome 2 il y a une semaine je n’avais pas la suite, mais j’ai passé commande à la Fnac et j’ai été livrée en 4 jours ! D’habitude je ne recommande pas d’acheter à la Fnac pour privilégier les librairies, mais chez moi aucune libraires ne faisait de click and collect… Si c’est ton cas tu peux peut-être passé commande aussi ?

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