Mes Revues Littéraires

Le bruissement du papier et des désirs, Sarah McCoy.

Rattrapage de critiques de 2020, troisième partie ! Nous plongeons dans le Canada des années 1830, au cœur de la petite famille Cuthbert, avec ceux qui deviendront plus tard les parents adoptifs de la célèbre Anne Shirley, Matthew et Marilla.

Le hasard fait décidément bien les choses : j’ai acheté cette lecture le 30 Juillet dernier sans avoir vraiment lu le résumé. Le roman a reposé dans mes placards pendant plusieurs mois pendant que je travaillais en bibliothèque, et que, fatiguée, je découvrais sur Netflix la série Anne With An E. C’est quand je l’ai fini que l’envie de lire m’a reprise, et je me suis dirigée tout de suite vers Le Bruissement du Papier et des Désirs. Qu’elle n’a pas été ma surprise lorsque j’ai compris que l’histoire parlait de la jeunesse de Marilla ! C’est donc avec plaisir que je m’y suis plongée.

L’enfance passe bien trop vite. Tu verras : une minute, un bébé est un tendre bourgeon et la minute suivante, il devient une grande fleur magnifique prête à conquérir le monde.

Note : 3 sur 5.

TITRE : Le bruissements du papier et des désirs

AUTEUR : Sarah McCoy

ÉDITÉ PAR : Pocket

NOMBRE DE PAGES : 432 pages

DATE DE PARUTION : 6 Février 2020

GENRE : Littérature contemporaine

PRIX : 7, 95€

RÉSUMÉ : 1837, île du Prince-Édouard, au large du Canada. Marilla Cuthbert, 13 ans, mène une vie tranquille dans le cadre enchanteur de la campagne, avec ses parents et son frère aîné, Matthew. À la mort brutale de sa mère adorée, Marilla se jure de veiller toujours sur son père et son frère.
Cette décision va entraîner sa vie entière. Désormais, elle se consacrera aux autres. Sacrifiant son amour pour John Blythe, elle décide de se battre auprès des plus démunis, les orphelins en particulier. Visionnaire, elle se révolte contre les mœurs de son temps et rejoint les rangs d’anciens esclaves affranchis afin que soit abolie la traite des Noirs. Mais ce combat pour la liberté a un prix : l’hostilité croissante de l’ordre établi. Chaque jour qui passe fait courir à Marilla un danger sans cesse plus grand.
Le récit d’une femme libre qui s’engage pour le bonheur des autres.

Le bruissement du papier et des désirs raconte le passé de Marilla Cuthbert, bien avant que celle-ci ne recueille Anne Shirley avec son frère, au tout début des Pignons Verts. Ce roman est le druit de l’imagination de Sarah McCoy, une admiratrice du travail de Lucy Maud Montgomery, la créatrice d’Anne et de d’Avonlea, et nous pouvons dire que la romancière a fait ses recherches consciencieusement ; de nombreuses références sont citées dans les dernières pages de son oeuvre, mais cela se ressent avant tout dans son écriture. Le caractère libre et bien trempé de Marilla se retrouve dès les premières pages, à l’arrivée de sa tête Izzy, la jumelle de sa mère qui deviendra un modèle pour elle.

A l’instar du soleil qui a le pouvoir de donner de la couleur aux pommes et la retirer du linge, certaines choses ne s’expliquent pas, elles sont et c’est tout.

Depuis son enfance jusqu’à sa décision d’adopter un enfant, le roman nous raconte la vie de Marilla, à partir la perte tragique de sa mère et de l’enfant qu’elle portait. Hantée par le souvenir de sa mère, Marilla décide qu’il est temps pour elle de s’occuper de son père Hugh et de son frère Matthew. En tant que seule femme de sa famille, élevée dans une famille très libérale par rapport à l’ordre établi, Marilla grandit en devenant une femme forte, et indépendante, et Sarah McCoy répond à plusieurs de nos interrogations livrées par Lucy Maud Montgomery, notamment celle de sa relation avec John Blythe, le père de Gilbert Blythe, héros masculin du cycle d’Anne. Elle est ainsi montrée sous un autre jour que celui de la femme sévère et austère que nous connaissons dans la série télévisée, mais dans une attitude tout aussi authentique et crédible.

Tu peux changer d’idée aussi souvent que tu le veux, mais tu ne peux pas reprendre tes mots. Jamais.

Marilla grandit, certes avec la vocation de prendre soin de son père et de son frère, mais surtout sur les traces de sa tante Izzy, modèle de femme libre. Célibataire et veuve dans une société où cela est considéré comme anormal, elle apporte de précieux conseils à sa nièce. Sarah McCoy donne ainsi des ambitions à Marilla, et fait d’elle une femme résistance, qui décide de venir en aide à des populations opprimées en dépit des principes de l’ordre établi, et sous peine de représailles. L’auteure nous donne à voir le chemin de pensée qui conduit Marilla à prendre la décision d’adopter avec son frère, avec, en cause surtout, son amour déçu avec John Blythe, qu’elle perd à cause de sa trop grande fierté et de son désir de veiller sur sa famille, qui la conduit à s’oublier. Pendant de nombreuses années, Marilla ne vit que pour les autres, jusqu’à oublier ses propres désirs.

Elle aurait dû se réjouir pour John. Pourtant, des années de bons sentiments honorables venaient de s’effacer en une seconde. Le regret, c’est tout ce qui restait.

Comme dit précédemment, la roman nous narre également, et surtout, ses relations avec son frère Matthew, avec John Blythe, et Rachel, son amie fidèle. Chacune de ses relations m’a touché particulièrement. Celle que partagent Matthew et Marilla notamment, un mélange de tendresse, de maladresse et de pudeur. Marilla et Matthew se respectent et s’estiment l’un et l’autre, et l’attachement qu’ils éprouvent l’un envers l’autre est d’autant plus touchante qu’elle n’est jamais clairement exprimée ; elle se distingue dans leurs gestes, dans leurs attitudes et leurs attentions l’un envers l’autre. J’ai aimé également la manière dont est décrite l’amitié parfois amère entre Rachel et Marilla, depuis leur rencontre, jusqu’à leur dispute et les événements dans la vie de Rachel. Ce roman est une réelle tranche de vie dans la vie de Marilla et nous donne à voir ses relations les plus importantes et celles qui ont l’influence.

L’idée qu’on asservisse quelqu’un à cause de la couleur de sa peau semblait ridicule, risible même, si elle n’était pas aussi monstrueuse. Pourtant, des gens tuaient et mouraient pour cela. Le rouge coulait de tous les corps.

Cependant, sa longueur relative reste à déplorer : le roman est en effet assez court, et s’il est riche de détails sur la manière de vivre en 1830 et permet de sentir les événements de la guerre de Sécession, il manque beaucoup d’approfondissement des sentiments. Le résumé laisse présager une intrigue et une écriture bien plus complexe et fournie qu’elle ne l’est en réalité. Si cette légèreté est agréable, elle est aussi assez décevante puisqu’inattendue ; le lecteur se prend d’affection pour Marilla, mais en attend plus, et Sarah McCoy ne nous en donne finalement pas assez.

Il en résulte donc un style qui reste très dans la veine des romans jeunesse – certes, comme Anne aux Pignons Verts, la série dont le livre est dérivé, finalement. L’histoire est plaisante et rapide à lire, ne nous méprenons pas sur cet aspect ; mais pour être honnête, pas suffisamment pour devenir un souvenir inoubliable. Par comparaison, la série Netflix Anne With an E est bien plus riches en émotions – notamment par ses romances. (Gilbert est un dieu vivant).

Une lecture plaisante, rapide et facile à lire avec de jolis détails qui nous plongent dans l’univers canadien des années 1830. Une tranche de vie agréable à découvrir, tout droit sorti de l’imagination d’une adoratrice du cycle d’Anne aux Pignons Verts et qui correspond bien à l’image de Marilla telle qu’elle est représentée dans la série télévisée. Cependant, une écriture moins complexe que le résumé le laisse entendre, et un roman qui peut tout à fait être qualifié de roman jeunesse, pour des enfants à partir de dix ans. Cette lecture ne laissera pas un souvenir impérissable, mais qui vous fera passer une excellent moment aux côtés de Marilla et de Matthew.

Je voyais plus grand, pas juste couper du bois pour l’hiver, cueillir des pois l’été et servir d’épouse soumise à un mari et son foyer. Nous n’avons qu’une seule vie, Marilla.

N’hésitez pas à me contacter sur mes réseaux en cas de besoin, ni à visiter mes comptes sur les plateformes d’écriture Wattpad et Fyctia pour découvrir mes histoires (de la romance et de la fantasy) et leurs mises à jour régulières !

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