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Numéro Deux, David Foenkinos.

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Qui n’a jamais rêvé de vivre de l’univers de Harry Potter ? Succès littéraire mondial depuis plus de vingt ans, les aventures du jeune sorcier ont inspiré des millions d’enfants ; Harry et ses amis ont su nous faire vibrer, J.K Rowling a suscité des vocations littéraires chez de nombreux lecteurs de toute une génération… 

Livres ou film, quelle que soit votre préférence, impossible d’échapper au phénomène que la saga est toujours, à l’effervescence de chaque nouvelle sortie. Vivre dans l’univers, incarner nos personnages préférés, beaucoup y ont songé avec envie et pudeur, se contenter de rêver de loin tout en sachant que ce désir restait une chimère.

Mais qu’en est-il pour les nombreux acteurs ayant passé les castings afin d’incarner Hermione, Ron, et notre héros à lunettes préféré, Harry ? Les noms des acteurs sont aujourd’hui célèbres dans le monde entier. Des années après, le choix du casting nous apparaît comme une évidence.

Nous en oublions presque que d’autres que Daniel Radcliffe auraient pu incarner Harry…

Et que, à l’instar de Ron, le fidèle meilleur ami d’Harry, condamné à vivre dans l’ombre de l’Élu en dépit de tous ses actes de bravoure, le malheureux perdant de la sélection est condamné à vivre dans le souvenir et l’amertume de ce que sa vie aurait pu être si lui avait été choisi…

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Note : 4.5 sur 5.

Autant adoucir la déception de qui s’est rêvé océan en lui offrant d’être une goutte d’eau.

TITRE : Numéro Deux

AUTEUR : David Foenkinos

ÉDITÉ PAR : Gallimard

NOMBRE DE PAGES : 240 pages

DATE DE PARUTION : 7 Janvier 2022

GENRE : Littérature contemporaine

PRIX : 19,50 € (broché) / 13,99€ (e-book)

RÉSUMÉ : En 1999 débutait le casting pour trouver le jeune garçon qui allait interpréter Harry Potter et qui, par la même occasion, deviendrait mondialement célèbre.
Des centaines d’acteurs furent auditionnés. Finalement, il n’en resta plus que deux. Ce roman raconte l’histoire de celui qui n’a pas été choisi. 

La vie humaine se résume peut-être à ça, une incessante expérimentation de la désillusion, pour aboutir avec plus ou moins de succès à une gestion des douleurs.

Cette lecture m’a tout bonnement transportée : je l’ai lue d’une traite. Pour la première fois, je découvrais la plume de David Foenkinos dont je n’entendais que du bien, et je dois dire que je ne suis pas déçue.

Pour ce premier roman, le sujet semblait fait pour moi : immense fan d’Harry Potter depuis presque vingt ans, premier livre que j’ai lu de ma vie (le tome 1 dès que j’ai su lire, à l’âge de six ans…), je ne pouvais pas passer à côté de ce roman, qui mêle fiction et réalité.

Qu’est-il advenu du numéro deux au casting d’Harry Potter, celui qui a touché le rêve du bout des doigts ?

Il y a si souvent quelqu’un pour prendre votre place, pour vous barrer la route. Cela lui était déjà arrivé à l’école, ou au club de sport ; des occasions où il avait failli être premier avant l’apparition de quelqu’un de plus performant que lui. Est-ce toujours ainsi ? Toute vie humaine est à un moment ou un autre, gâchée par une autre vie humaine.

Nous rencontrons Martin Hill, jeune anglais d’environ dix ans dont la famille est en plein divorce. Alors que sa mère, Jeanne, part s’installer en France pour y devenir journaliste politique, son père John, un homme fantasque et rêveur, conserve sa garde. Au moment des faits, Harry Potter n’est pas encore le succès littéraire qu’il deviendra plus tard ; le tome 1 vient tout juste de sortir, et le premier film n’en est encore qu’à son élaboration ; les producteurs, le réalisateur sont à la recherche du parfait enfant pour incarner le héros à lunettes. Par un concours de circonstances, Martin est propulsé sur les planches du casting, et fait sensation. Alors que l’enfant n’a jamais joué de sa vie, celui-ci se découvre une passion et rêve alors d’une vie sous les projecteurs.

Il ne finira que deuxième.

La vie n’a pas de marche arrière. Il avait manqué sa chance, et devait maintenant affronter l’avenir avec ce naufrage.

Martin n’a que dix ans, et son rêve est brisé. Cette blessure le poursuivra toute sa vie ; comment y échapper, quand votre échec à la dimension médiatique insensée d’Harry Potter ?

Il demeure à l’écart tel un pestiféré de la gloire.

Le roman suit la vie de Martin, de ses dix ans jusqu’à ses trente ans ; vingt ans de douleurs secrètes.

Le sujet du roman est plus qu’original, il est unique, et la plume de David Foenkinos, légère et poétique, permet de plonger dans la peau de Martin et de ressentir son mal-être. Même à certains moments le pathos de Martin m’a tout de même semblé un peu exagéré, j’ai adoré cette histoire. Au-delà de Harry Potter et l’univers tout autour, Numéro Deux est avant tout un roman sur l’échec, la peur d’échouer de nouveau, le manque de confiance en soi ; comment l’échec peut briser un enfant et une vie, la difficulté de se relever et de cicatriser. La vie de Martin reste marquée par cette chance perdue, et lui par l’idée qu’il n’est et ne vaut rien ; tout est là pour lui rappeler sa défaite.

Martin sentit une jalousie abyssale envahir son corps. « Pourquoi lui et pas moi ? » répétait-il sans cesse, comme le refrain de son amertume. Dans la fièvre de cette nuit perfusée à la déception, il se mit à imaginer : « Et si je l’éliminais ? » Une idée folle, absurde, démente. Si une seule personne vous gâchait la vie, ne fallait-il pas simplement l’écarter ?

Le roman ne parle pas seulement de l’échec, mais aussi de la jalousie. L’herbe est toujours plus verte ailleurs : il est toujours tellement plus facile de désirer ce que possède autrui et de complaindre dans sa mauvaise fortune plutôt que d’apprécier ce que l’on a et d’en tirer le meilleur parti possible.

Enfin, Numéro Deux parle de l’anonymat et de la célébrité. Si la célébrité a des privilèges incontestables – nombreux sont ceux qui rêvent de gloire – l’anonymat a cette particularité réconfortante : personne ne peut nous voler notre vie, personne ne peut la dicter. Le désintérêt est-il si ennuyeux que cela ? Cela, c’est à Martin de le découvrir.

« Non papa. Je ne ferai pas de théâtre », trancha Martin, avec une telle conviction dans la voix que cela coupa court à toute argumentation. Ce sentiment d’être désiré, puis rejeté, jamais plus il ne voulait revivre ça.

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Bientôt, il n’existerait plus un coin de la planète qui ne lui rappellerait pas cette rature de son destin.

Numéro Deux est un roman prenant, facile à lire et original. Comment se construire avec un échec aussi dramatique lorsque celui-ci détruit tous nos rêves et notre confiance en soi ? Comment peut-on vivre de nouveau lorsque tout autour de nous, nous rappellent constamment nos faiblesses et nos limites ? Comment ne plus ressentir une telle douleur ? C’est bien la le véritable sujet du roman. Si l’univers de Martin et d’Harry Potter se mêlent dans une intrigue charmante et bien ficelée, il ne faut pas passer au côté de l’essentiel pour autant.

En dépit d’un pathos parfois un peu exagéré et de quelques longueurs, Numéro Deux est une lecture très agréable, qui se lit vite et qui nous fait réfléchir sur ce que signifie réellement réussir sa vie.

A ne pas manquer !

3 réflexions au sujet de “Numéro Deux, David Foenkinos.”

  1. C’est une blague cette review non ?
    Le livre est nul et ne parle même pas d’Harry Potter.
    il y a un parallèle entre ce que subit Harry chez les Dursley et David Hill avec Hugo mais ons e fait chier tout du long, ça ne raconte rien.
    Et à la fin y a une amourette avec une fille rencontré.
    C’est nul

    J’aime

    1. Bonjour.
      Chacun est libre d’avoir son opinion. Vous n’avez pas aimé, je comprends, les appréciations littéraires de chacun ne sont pas les mêmes pour tous.
      Personnellement j’ai trouvé que même si le livre manquait d’action et que Martin était pathétique comme personnage, il y avait la question de l’échec et de la réussite derrière, plus intéressante.
      Inutile donc de m’agresser comme vous le faites, votre avis n’est pas universel ou plus valable que le mien et se contenter d’un « c’est nul » est tout aussi peu intéressant que votre commentaire.
      Cordialement.

      J’aime

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