Mes Revues Littéraires

Gallant, V. E. Schwab

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Ce mois d’avril ayant été un peu particulier pour moi – j’espère pouvoir vous en parler plus tard – il n’y a eu aucun article publié ce mois-ci. Deux raisons à cela, le temps m’a manqué, et à cause  de ce manque de temps, je n’ai évidemment pas eu le temps de lire grand-chose.

Mais qu’à cela ne tienne, j’ai réussi à réorganiser ma vie, j’y retourne !

Aujourd’hui, je vous retrouve pour vous parler de Gallant, la dernière sortie littéraire de V.E. Schwab chez les éditions Lumen, que je me suis procurée le jour de sa sortie. J’entends énormément parler de V.E.Schwab depuis plusieurs mois, et j’ai donc eu envie de la découvrir. Je me suis lancée dans Gallant très confiante et forte des avis très positifs des lecteurs !

Cette première expérience, si elle m’a plu, ne m’a cependant pas tout à fait convaincue. Sans parler de réelle déception, je suis quelque peu sceptique sur ce roman que j’étais pourtant persuadée d’adorer.

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Note : 3.5 sur 5.

Toute chose projette une ombre. Même notre monde. Et pour chaque ombre, il existe un endroit où elle doit prendre sa source.

Matthew à Olivia

TITRE : Gallant

AUTEUR : V. E. Schwab

ÉDITÉ PAR : Lumen

NOMBRE DE PAGES : 376 pages

DATE DE PARUTION : 10 Mars 2022

GENRE : Fantastique, Gothique

PRIX : 16 € (broché) / 9.99€ (e-book)

RÉSUMÉ : Toute petite, Olivia Prior a été déposée sur les marches de l’orphelinat où elle vit désormais. Incapable de parler, elle n’en sait pas moins se faire respecter des autres pensionnaires. De sa mère, il ne lui reste plus qu’un journal intime relié de cuir, plein de dessins étranges et marqué par la folie, dont les derniers mots sont : « Tu seras à l’abri tant que tu ne t’approcheras pas de Gallant. »
Mais la jeune fille ne rêve que d’une chose : avoir, un jour, une famille. Alors, quand elle apprend que son oncle l’a enfin retrouvée et l’invite à venir vivre dans le domaine familial de Gallant, Olivia n’hésite pas une seule seconde. Sur place, elle ne trouve que deux domestiques et un cousin, Matthew – qui, de toute évidence, ne veut pas d’elle. Elle découvre surtout que son oncle est mort et enterré depuis plusieurs mois déjà… Elle remarque enfin que tous les habitants du manoir semblent éviter comme la peste le mur qui s’élève derrière la propriété, au milieu d’une nature luxuriante. Quel mal se dresse là, au fond de ce jardin niché au bout du monde ? Qu’est-il vraiment arrivé à la mère d’Olivia, toutes ces années plus tôt ?

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Sur le papier, Gallant avait tout pour me séduire, à commencer par le style narratif de son auteur. Bien que je lise essentiellement des romans écrits à la première personne, c’est malgré moi : je suis en effet une fervente lectrice de l’Autre, l’écriture omnisciente, à la troisième personne du singulier. C’est elle qui m’a fait tomber amoureuse de la littérature, elle qui m’a fait vivre le plus de choses, et elle qui, malheureusement, a tendance à disparaître de plus en plus.

On choisit l’endroit où l’on se sent chez soi.

Après ma lecture, je ressors cependant de Gallant plutôt mitigée. Je le disais plus haut : sans être une déception et malgré le plaisir que j’ai eu à découvrir ce premier roman de V.E. Schwab de mon côté, je reste insatisfaite de ma lecture, en attente d’un désir qui n’a pas été comblé. En dépit de beaucoup de points techniques que j’ai trouvé agréables et positifs lors de ma lecture, je suis loin du coup de cœur où de l’histoire mémorable – mais bon, comme j’ai une bonne mémoire, je m’en souviendrais quand même. En termes d’émotions ressenties, le livre pêche un peu de mon côté.

Petit décryptage de ce qui m’a séduit ou non.

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Même si Gallant ne m’a pas totalement emballée, ce roman a cependant d’énormes points positifs qui en font un livre de qualité. Parmi tout ce qui m’a séduit, il y a essentiellement le style d’écriture avec tout ce qui s’y rattache, et l’originalité de l’histoire !

J’écrirais ces mots un millier de fois s’ils étaient assez puissants pour te retenir ici.

Avec Gallant, je renoue avec un style que j’aime, la lecture et l’écriture à la troisième personne du singulier. Dans ce roman, le “je” s’efface pour faire place au “nous”, l’individualité fait place au collectif pour donner une véritable vision d’ensemble. Sans pour autant être complètement détachée d’Olivia, je ne suis pas totalement elle, je ne suis pas le personnage, mais bien spectatrice d’elle et du reste. Si pour beaucoup de personne ce genre narratif dérange puisqu’il crée une espèce de distance, ce n’est cependant pas mon cas : au contraire, cette omniscience me permet de me confronter plus facilement au personnage et à ses ressentis – et de fait, à tout aussi bien les intégrer, les réfuter qu’avec ce fameux “je”.

Dans Gallant, l’énorme avantage de ce point de vue omniscient, c’est l’ambiance qui en résulte. Le roman se veut angoissant sans trop l’être. La plume de V.E.Schwab possède une vraie puissance qui permet réellement d’habiller le décor, l’ambiance et les personnages d’une touche de gothique, sans macabre, sans sanglant. Il y a une véritable ambiance, une vraie atmosphère qui imprègne chacune des pages et des mots.

Je suis si heureuse. J’ai si peur.
Qu’on le croie ou non, ces deux états peuvent cheminer ensemble, main dans la main.

La plume est vraiment plaisante et agréable à découvrir, elle nous entraîne facilement dans l’histoire à la rencontre d’Olivia, puis de Matthew et des Prior. Même si le point de vue reste essentiellement concentrée sur Olivia, j’ai adoré cette façon d’être extérieure à ses ressentis pour me forger les miens au seul fil de l’écriture et de l’action, sans que cela ne m’empêche de me plonger dans l’histoire et de me mettre, aux bons moments, à la place d’Olivia, lorsque mes émotions se conjuguaient avec les siennes, c’était d’autant plus fort.

Les personnages, cœur de tout roman, sont ici dans l’ensemble assez attachants. Je ne vous parlerais que d’Olivia et de Matthew, les principaux personnages. Même si à certains moments ils ont pu me hérisser, j’ai adoré leurs personnalités très différentes et très marquées, qui portent vraiment le roman. Matthew est secret, limite un peu arrogant et glacial envers sa nouvelle cousine ; mais au fil de l’histoire, ce dernier se dévoile peu à peu. D’une manière unique et peu conventionnelle, Matthew et Olivia apprennent à communiquer, à se faire comprendre l’un de l’autre. Cette relation qui évolue m’a beaucoup plu, car elle canonise toute l’importance qu’à la famille pour Olivia.

Son personnage m’a particulièrement plu. Sans en être tout à fait éloignée, elle se détache suffisamment des héroïnes conventionnelles par sa différence, qui devient une force. Alors qu’elle est muette, Olivia communique avec les autres par l’écrit, à l’aide d’un carnet dans lequel elle dessine également. Orpheline, ayant grandi toute sa vie à Merilance, la jeune fille ne désire qu’une seule chose ; résoudre le mystère de ses origines, et comprendre ce que signifie faire partie d’une famille.

Les rêves peuvent vous pousser à vous faire du mal.

Au-delà de la dimension fantastique et gothique de l’intrigue, du thème de la mort et de l’éternel recommencement, le roman porte avant tout sur cela : la famille, la transmission et l’héritage familial. 

Sur ce thème de la vie et de la mort mêlé, de l’éternel recommencement, V. E. Schwab y intègre une dimension presque philosophique. La vie et la mort forment un tout, les deux faces d’une même pièce qui ne peuvent exister l’une sans l’autre, en opposition l’une à l’autre : le personnage d’Olivia symbolise à merveille cette réalité. 

Je ne trouve pas de repos dans le sommeil.
Ces rêves vont finir par me tuer.

Vous l’aurez compris ; Gallant est une histoire qu’il est difficile de ne pas qualifier d’originale, par son intrigue qui sort du classique fantastique, par ses personnages et sa manière d’écrire et de nous plonger dans cet univers gothique à souhait. Le travail de l’auteure est assez énorme, et incroyable, tout comme le travail de la maison d’édition Lumen qui a pris le soin d’insérer de magnifique illustrations des dessins, et de jouer avec la typographie et les couleur pour nous donner véritablement l’illusion de nous plonger dans le carnet que détient Olivia, et qui est le point de départ des mystères du roman.

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En dépit d’excellents points forts, je reste cependant déçue de ma lecture. Même si l’écriture de V. E. Schwab est très travaillée, que ce soit dans la technique ou dans le sentiment, même si l’histoire est suffisamment inédite pour nous happer directement, il y a des défauts pour moi difficiles à ignorer.

Rien ne me semble réel. Je n’arrive pas à croire que tu sois assis à côté de moi, que je puisse tendre le bras et toucher ta main, et que tu puisses m’entendre quand je parle.

Je ne sais pas si cela est dû à ma lecture qui s’est véritablement étirée sur deux semaines, mais j’ai trouvé qu’il y avait pas mal de longueurs, ou en tout cas de redondances, surtout en ce qui concerne le passé d’Olivia à Merilance et son profond désir d’avoir une famille. Même si ce désir-là est central d’en l’histoire et mérite d’être suffisamment souligné, j’ai trouvé que c’était trop à un certain moment, surtout dans le milieu du roman. Cela lui enlève énormément de fluidité et c’est bien dommage.

Du fait de ces longueurs, ajoutées à l’originalité et la complexité de l’histoire, le roman était parfois confus et difficile à suivre. Certains passages étaient difficiles à saisir, il m’est arrivé plusieurs fois de relire les paragraphes précédents parce que l’auteure m’avait perdue dans ses explications.

De manière générale, il manquait un peu d’action. Même si j’ai adoré le côté descriptif du roman – moi qui adooore les belles descriptions, qu’on me peigne le décor… – j’ai trouvé que cela l’emportait trop sur l’action. Olivia explore beaucoup, recherche des indices, le moyen de percer le mystère de son passé, mais est finalement assez passive, et plutôt spectatrice de la situation de plus en plus oppressante qui se referme sur son cousin et sur le domaine.

J’ai l’impression d’être une vitre, fendillée de partout et secouée chaque nuit par le vent. Les fissures s’élargissent, le verre grince sous la pression. Il va se briser. Je vais me briser.

Je vous disais plus haut que les personnages sont attachants et que je m’étais complètement immergée dans l’histoire ; cependant, il m’a parfois manqué un peu d’émotions. Même si les personnages sont attachants, même si j’ai adoré avoir mon propre ressenti sur la situation en dehors de celui d’Olivia, je reconnais que je m’attendais à quelque chose de plus fort, de plus prenant et poignant. Peut-être que cela aurait pu être le cas si la relation entre Olivia et Matthew avait été plus approfondie comme elle le méritait à mon goût. Sans être superficielle ou sans relief, ou sans aucune émotion, elle manque de ce quelque chose qui bouscule les sentiments et le cœur du lecteur.

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Gallant est une lecture en demi-teinte pour moi. Ma lecture, au début très rapide, a été très fragmentée par la fin, ce qui a desservi le roman en mettant en exergue pas mal de défauts qui ont un peu refroidi mon plaisir malgré de très bons points forts.

Ce n’est qu’une question de temps et je suis vraiment très, très fatiguée ̶i̶l̶ ̶e̶s̶t̶ ̶d̶i̶f̶f̶i̶c̶i̶l̶e̶ ̶d̶e̶ ̶s̶a̶v̶o̶i̶r̶ parfois je suis persuadée d’être éveillée avant de finir par rouvrir les yeux, d’autres fois je suis certaine d’être endormie avant de finir par m’assoupir de nouveau.

Le fond du roman est parfaitement bien travaillé, que ce soit au niveau des personnages, tous avec leur caractère bien défini et différent, de l’intrigue originale et presque philosophique, ou de l’ambiance à la force gothique à souhait. Il y a de belles descriptions, un vrai passé et un futur à découvrir chez le personnage d’Olivia, ce qui est agréable malgré les longueurs et la confusion engendrées. A trop décrire, l’auteure a parfois oublié de rajouter de l’action et de l’émotion. Les personnages sont avant tout passifs et secrets 

Sur la forme, cela pêche déjà un peu plus, notamment avec ces fameuses longueurs et redondances, ainsi que le manque d’émotions du roman pour une intrigue aussi bien écrite. Soulignons cependant le travail de la maison Lumen au niveau de la mise en couleur, de la typographie et des graphismes qui permettent aisément aux lecteurs de s’approprier et l’objet livre, et le roman.

Reste avec moi. Reste avec moi. Reste avec moi.

Malgré des défauts à côté desquels il est difficile de passer, Gallant reste malgré tout un bon roman, agréable et prenant à lire. Pour les fans du genre fantastique et du gothique, vous serez très certainement séduits par le roman et ses personnages ! C’est une jolie découverte.

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